Le Musée des beaux-arts de Montréal a dévoilé, ce jeudi après-midi, la mosaïque humaine monumentale Humanæ réalisée par la photographe brésilienne Angélica Dass avec les portraits de 240 hommes et femmes de toutes origines, dont 150 personnes de Montréal. Une œuvre qui pave la voie à l’ouverture, en novembre, d’une nouvelle aile du musée consacrée à la diversité des cultures.

Éric Clément Éric Clément
La Presse

Angélica Dass était venue en février à Montréal (voir notre texte) dans le cadre de son projet international de création d’une mosaïque géante composée de milliers de portraits humains, dont les variations de couleurs de peau sont représentées à la manière du nuancier Pantone.

Le MBAM avait participé au projet dans le cadre de l’ouverture, en novembre, d’un nouveau pavillon consacré aux cultures du monde et du vivre ensemble.

« C’est une bonne manière de souligner le 20e anniversaire de Musée en partage et de montrer Montréal dans toutes ses couleurs et toute sa diversité, a dit Nathalie Bondil, directrice générale et conservatrice en chef du MBAM, à La Presse. C’est un projet esthétique, artistique et communautaire puisque 150 Montréalaises et Montréalais y ont participé, y compris moi d’ailleurs ! »

PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE

La mosaïque humaine monumentale Humanæ, réalisée par la photographe brésilienne Angélica Dass, met en valeur les portraits de 240 hommes et femmes de toutes origines, dont 150 personnes de Montréal.

Pour Nathalie Bondil, l’œuvre envoie un message puissant. « Surtout à une époque de polarisation et de populisme alors qu’on doit plutôt se rassembler, dit-elle. Dans six semaines, on ouvrira l’aile du Tout-Monde, une expression qui se réfère au grand poète Édouard Glissant qui a beaucoup travaillé sur la question de la relation. Comment on parvient à établir des dialogues, comment on change en échangeant, sans se perdre ni se dénaturer. Ce sont ses mots. »

À l’occasion de ce dévoilement, Nathalie Bondil a évoqué, de nouveau, « la beauté de la diversité » et de l’interculturalisme, ce parti pris d’embrasser ce qui rassemble les gens dans la vie de tous les jours. « C’est cette citoyenneté globale dont on a tant besoin aujourd’hui, au-delà des frontières, dit-elle. On a rendez-vous où les océans se rencontrent, dit Édouard Glissant. C’est beau, non ? »

La directrice explique que l’aile du Tout-Monde permettra de faire dialoguer les cultures. « Ce sera une géopoétique du monde avec des projets éducatifs et communautaires. La démocratie, c’est l’organisation de la complexité en profondeur, dit Edgar Morin, donc il s’agit aujourd’hui de rassembler les différences pour imaginer, tous ensemble, un discours global. C’est ça le vivre-ensemble et c’est Montréal ! »