Le président du C.A. du Musée des beaux-arts de Montréal, Michel de la Chenelière, n’a pas réussi à se faire élire comme administrateur mardi soir au cours de l’assemblée générale annuelle (virtuelle). Par ailleurs, trois nouveaux visages feront leur entrée au C.A. : Valentine Goddard, Caroline Codsi et Claudette Hould.

Jean Siag Jean Siag
La Presse

Le conseil d’administration du Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) n’est pas sorti indemne de la crise qu’il a traversée dans l’affaire Bondil.

Le président du conseil d’administration du MBAM, Michel de la Chenelière, qui a cédé sa place à la tête du C.A. la semaine dernière à l’homme d’affaires et mécène Pierre Bourgie, avait l’intention de continuer à siéger au conseil d’administration du Musée. Mais les quelque 1450 membres votants du Musée présents lors de l’assemblée générale annuelle virtuelle de mardi en ont décidé autrement.

M. de la Chenelière, avec l’appui de la majorité des 20 autres membres du C.A., a procédé au congédiement de la directrice générale et conservatrice en chef du Musée, Nathalie Bondil, à la mi-juillet, entraînant une lutte – maintenant judiciaire – entre les deux parties.

Dans sa déclaration d’ouverture de mardi, Michel de la Chenelière, qui présidait l’assemblée générale, s’est félicité d’avoir agi « avec diligence et intégrité » dans ce dossier. Il a dit souhaiter « tourner la page », avant de souligner l’apport de Mme Bondil dans les succès du Musée.

Rémi Quirion, scientifique en chef du Fonds de recherche du Québec, qui siégeait depuis 2016, a également mordu la poussière. Tout comme le candidat proposé par le comité de candidature du C.A, J. Serge Sasseville, qui se présentait pour la première fois pour remplacer l’administrateur Joe Battat, seul à avoir voté contre le congédiement de Mme Bondil.

Parmi les membres du C.A. dont le siège était en jeu, seule Sylvie Demers, présidente, Direction du Québec, du Groupe TD, administratrice au Musée depuis 2018, a été réélue.

De nouveaux visages

Le conseil d’administration devra donc faire une place à trois nouvelles administratrices, l’avocate Valentine Goddard, la femme d’affaires Caroline Codsi et l’historienne de l’art Claudette Hould, qui se présentaient en bloc avec la fondatrice du Musée de la femme, Lydie Olga Ntap (qui n’a pas été élue), justement pour « briser le statu quo » de ce C.A.

Les quatre femmes, perçues comme des sympathisantes de Mme Bondil, se sont dites déterminées à « apporter plus d’équité et de transparence dans les principes de gouvernance ».

Les trois nouvelles élues ne l’ont pourtant pas eu facile. Au cours des dernières semaines, le conseil d’administration n’a pas ménagé ses efforts pour maintenir son équipe actuelle en place. Des courriels que La Presse a obtenus ont été envoyés aux guides et bénévoles du musée, résumant le conflit avec Mme Bondil (actuellement devant les tribunaux) à l’avantage du C.A.

À deux jours des élections, ce sont les 53 000 membres ayant droit de vote qui ont reçu un courriel du Musée – que La Presse a également pu voir – vantant les quatre candidatures du C.A., avec la biographie détaillée de chacun.

Quant aux quatre candidates externes, elles ne sont jamais nommées dans le courriel. À leur sujet, le Musée écrit simplement ceci : « Il appert que les quatre autres personnes qui ont déposé leur candidature n’ont pas le même niveau d’engagement personnel envers le Musée. »

Le conseil d’administration du Musée des beaux-arts est composé de 21 membres, dont 9 sont nommés par le gouvernement du Québec et 12 sont élus par les assemblées générales annuelles.