(Pékin) Les géants chinois de l’internet ont été malmenés mardi à la Bourse de Hong Kong, le poids lourd du secteur Tencent cédant plus de 10 % en séance après des critiques d’un média d’État contre la dépendance aux jeux vidéo.

Agence France-Presse

Ce secteur, particulièrement prospère en Chine, est de plus en plus décrié pour la dépendance des jeunes aux écrans et aux problèmes de vision que cela entraîne.

La réglementation dans le pays empêche officiellement les moins de 18 ans de jouer à des jeux vidéo en ligne entre 22 h et 8 h. Mais la loi est largement contournée.

Mardi, le très officiel Economic Information Daily a estimé que ce loisir, qui génère des milliards de yuans, était devenu « un opium mental ».

« La dépendance des mineurs à internet est courante et les jeux en ligne ont des conséquences non négligeables sur leur croissance », a souligné le quotidien.

L’article épingle notamment Tencent, le poids lourd du secteur, en particulier son populaire jeu vidéo Honor of Kings, qui compte plus de 100 millions d’utilisateurs actifs quotidiens en Chine.

« Certains étudiants y jouent parfois pendant huit heures par jour », fustige le journal.

L’article, largement repris mardi par les médias du pays, a par la suite été retiré par l’Economic Information Daily.

Mais il a fait plonger à Hong Kong les actions des poids lourds du secteur.

Tencent a cédé plus de 10 % à la mi-journée, avant de se ressaisir à la clôture (-5,81 %).

Dans un communiqué, le groupe a assuré qu’il allait prendre des mesures supplémentaires pour limiter le temps de jeu de ses jeunes utilisateurs.

Tencent, qui interdit aux enfants de jouer la nuit, imposait déjà la reconnaissance faciale pour empêcher les mineurs de contourner l’interdiction.

Son concurrent NetEase a lui aussi terminé en repli de près de 8 % à la Bourse de Hong Kong. Le site Bilibili, prisé des fans de dessins animés, de mangas et de jeux vidéo, a perdu plus de 3 %.

Les investisseurs redoutent un durcissement réglementaire supplémentaire dans le secteur des jeux vidéo, dans un contexte de reprise en main par Pékin des géants du numérique.

Plusieurs mastodontes du secteur ont ainsi été épinglés pour des pratiques jusque-là tolérées et largement répandues.

Les autorités se montrent ces derniers mois particulièrement intransigeantes en matière de données personnelles et de respect des droits des utilisateurs.

Vendredi, Pékin a convoqué les géants de la tech, les exhortant à « procéder à un examen approfondi ».