(New York) Les actionnaires de la banque JPMorgan Chase ont désapprouvé à une très large majorité mardi les rémunérations versées aux dirigeants, dont un bonus de 52,6 millions de dollars prévu pour Jamie Dimon, comme l’avaient fait ceux d’Intel la semaine dernière.

Publié le 17 mai
Agence France-Presse

Seuls 31 % des actionnaires de la plus grosse banque américaine ont voté en faveur de la résolution consultative sur les salaires et primes versées à ses hauts responsables en 2021, a confirmé à l’AFP un porte-parole de l’établissement.

Des résolutions similaires les années précédentes étaient passées sans accroc.  

Mais cette année, le conseil d’administration a décidé d’accorder à son PDG, à la tête de l’établissement depuis 2005, l’équivalent de 52,6 millions de dollars s’il reste à son poste « pour un nombre d’années significatif » : il ne pourra récupérer cet argent qu’à partir de 2026 et que si l’action monte.

Cette incitation financière s’ajoute à ses autres éléments de rémunération, qui se sont élevés à 34,5 millions de dollars en 2021.

Au moins un cabinet apportant aux investisseurs des recommandations pour les assemblées générales, Glass Lewis, avait appelé à voter contre cette résolution en raison de cette prime exceptionnelle.  

La résolution étant uniquement consultative, le vote ne veut pas dire que la banque va supprimer le bonus, mais il reflète un certain mécontentement face aux juteuses rémunérations des dirigeants.  

La banque a souligné dans un document préparatif à l’assemblée générale qu’elle prendrait en considération le résultat du vote pour décider à l’avenir des paquets offerts à ses dirigeants.

Dans la même veine, les actionnaires d’Intel se sont exprimés en majorité la semaine dernière contre une résolution sur les salaires et primes de ses dirigeants, indique un document boursier diffusé lundi.  

La rémunération totale du patron du fabricant de puces, Patrick Gelsinger, s’est élevée en 2021 à près de 179 millions de dollars.  

Selon une étude du cabinet Equilar diffusée mi-avril, le revenu médian des directeurs généraux des 100 plus grosses entreprises américaines a augmenté de 31 % en 2021.  

Entre les salaires, les primes et les stock-options, ils ont gagné 20 millions de dollars en moyenne.