(New York) La banque Morgan Stanley a décidé d’imposer non seulement à ses employés, mais aussi à ses sous-traitants, ses clients et ses visiteurs d’être vaccinés contre la COVID-19 s’ils veulent accéder à l’un de ses bureaux à New York.

Juliette MICHEL Agence France-Presse

Cette règle est l’une des plus strictes parmi celles édictées par les géants de Wall Street, qui laissent en général plus de flexibilité.  

Elle entrera en vigueur le 12 juillet, a indiqué à l’AFP une source proche de la banque d’affaires mercredi en confirmant qu’un message interne sur le sujet avait été envoyé aux employés.

Ils ont jusqu’au 1er juillet pour dire s’ils sont ou non vaccinés contre la COVID-19, sans avoir à présenter de preuves.

Pour entrer dans les locaux de la banque, les clients et visiteurs devront, eux, déclarer sur l’honneur qu’ils ont bien reçu le sérum contre la COVID-19.

Une fois les nouvelles instructions mises en œuvre, toutes les personnes entrant dans les bureaux pourront abandonner le masque et les règles de distanciation physique. Les salariés non vaccinés devront rester en télétravail.

Preuve

De Wall Street à la Silicon Valley, les entreprises américaines sont en pleine réflexion sur les nouvelles conditions de travail.

Selon l’agence fédérale américaine responsable du respect des lois contre la discrimination au travail (EEOC), les employeurs peuvent obliger leurs salariés à se faire vacciner contre la COVID-19, avec des exceptions pour raisons médicales ou objection religieuse.  

Ils peuvent aussi demander des preuves de vaccination, à condition de garder ces informations médicales confidentielles.

Le gestionnaire d’actifs BlackRock a décidé de faire les deux dans l’ensemble des États-Unis.

Suite à une consultation en interne, l’entreprise a choisi de n’autoriser que les employés vaccinés à venir au bureau à partir de juillet, selon un mémo envoyé la semaine dernière et consulté par l’AFP.

Sans leur demander de justificatifs, mais en comptant sur leur « honnêteté », l’entreprise a aussi demandé aux salariés d’indiquer s’ils étaient ou non vaccinés.

Les visiteurs doivent pour leur part « attester » qu’ils sont vaccinés s’ils veulent entrer dans les locaux de l’établissement. « Il leur est demandé d’avoir avec eux une preuve de vaccination dans la mesure où certains sites (le) requièrent », a précisé mercredi un porte-parole à l’AFP.  

Goldman Sachs exige aussi de ses employés qu’ils fassent connaître leur statut vaccinal, sans toutefois leur imposer le sérum.

JPMorgan Chase et Bank of America encouragent de leur côté leurs employés à se faire vacciner et à indiquer s’ils sont ou non inoculés, sans en faire une obligation.  

Citi n’a pas souhaité donner de détails sur ce sujet, renvoyant seulement à un message de la responsable des ressources humaines indiquant que le masque et les mesures de distanciation sociale étaient de rigueur.  

Flexibilité

Le patron de Morgan Stanley pousse pour la fin du télétravail.  

« Si vous pouvez aller au restaurant à New York, alors vous pouvez venir au bureau et on vous veut au bureau », avait-il déclaré lors d’une conférence le 14 juin. Il y aura de la flexibilité, a-t-il promis. Pour les familles qui ont encore du mal à faire garder leurs enfants par exemple.

Mais si début septembre les employés ne sont pas de retour au bureau, « je serai très déçu », a-t-il dit.

« C’est dans les bureaux que nous faisons notre travail », avait-il souligné. « C’est là que nos stagiaires apprennent. C’est là que nous permettons à nos salariés de grandir. C’est là qu’ils peuvent découvrir tous ces petits signaux qui accompagnent une carrière réussie et ne se transmettent pas via une présentation sur Zoom ».

La nouvelle règle sur les vaccins s’appliquera uniquement aux bureaux accueillant un nombre important de personnes dans la métropole new-yorkaise, pas aux locaux plus petits ou aux rendez-vous extérieurs comme les dîners d’affaires.

Certaines divisions ont déjà créé des espaces réservés aux personnes vaccinées, a précisé la source proche du groupe. Il s’agit désormais de l’étendre à l’ensemble des services.

M. Gorman avait précisé lors de la conférence que 90 % des personnels de retour au bureau étaient déjà vaccinés et qu’il espérait que ce chiffre grimpe à 98 % ou 99 %.