L’entreprise de Québec LeddarTech, spécialisée dans les technologies de détection pour l’automobile, songe à se lancer en Bourse et se prépare en conséquence. Si les marchés tiennent le coup et ne s’écrasent pas, l’inscription pourrait se concrétiser cette année.

Richard Dufour Richard Dufour
La Presse

« C’est l’option la plus logique aujourd’hui », concède le PDG Charles Boulanger.

Le développement de la plateforme de LeddarTech est très coûteux, et l’entreprise a besoin de financement pour réaliser ses ambitions.

« Financer l’entreprise à coups de 50 millions dans le contexte actuel, ce n’est pas la voie idéale », dit Charles Boulanger.

« Il faut accélérer le rythme et considérer lever des sommes plus importantes. On étudie diverses possibilités de financement, et il est clair que la Bourse en est une », ajoute-t-il en précisant que l’entreprise vient de renforcer son conseil d’administration. « Les astres sont en train de s’aligner. »

Depuis l’automne, plusieurs concurrents de LeddarTech ont fait le saut en Bourse ou annoncé leur intention de le faire. Et pour Luminar, Velodyne, Aeva, Ouster et Innoviz, la façon d’y parvenir est la même : par l’entremise d’une fusion avec une société à vocation spécifique dont les actions sont déjà inscrites en Bourse.

PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE

Charles Boulanger, PDG de LeddarTech

La conclusion tirée par ces concurrents de LeddarTech ne laisse évidemment pas Charles Boulanger indifférent.

« Ça donne une idée de l’appétit [des investisseurs] dans notre secteur », dit-il.

« Quand tu vois des concurrents qui lèvent des capitaux de l’ordre de 400 à 500 millions, tu ne peux pas rester sur les lignes de touche éternellement », lance Charles Boulanger.

L’industrie automobile mondiale est en pleine transformation. L’auto électrique retient l’attention. Le développement des véhicules autonomes aussi. Et LeddarTech est au centre de l’enjeu de la connectivité dans le secteur automobile.

Une bataille de titans s’en vient dans l’industrie automobile avec les technologies. Les 25 prochaines années seront super intéressantes. Il y a des opportunités d’affaires exceptionnelles.

Charles Boulanger

Dans un avenir pas si lointain, selon Charles Boulanger, les gens ne prendront plus l’avion pour des liaisons comme Québec-Toronto ou Boston-Washington.

« Il y aura des autos adaptées pour dormir et pour travailler. Ça va permettre de créer de nouveaux moyens de transport. Ça va libérer du temps aux gens. Les autos vont devenir un endroit pour faire plein de choses tout en se déplaçant », dit-il.

« C’est gigantesque, ce qui s’en vient. Et une fois que ta technologie est intégrée dans l’automobile, tu y es pour longtemps. Les barrières à l’entrée sont élevées. »

Le PDG de l’entreprise de 210 employés fondée il y a 14 ans soutient que LeddarTech a un modèle d’affaires unique avec sa technologie permettant de fusionner les données récoltées par les différents capteurs d’un véhicule.

« On offre une plateforme aux équipementiers et aux manufacturiers pour fabriquer des produits finis à partir de nos technologies. L’aspect partenariat est fondamental dans notre stratégie. Les gens développent sur notre technologie en amenant des éléments logiciels complémentaires. C’est un modèle puissant. On a au moins cinq ans d’avance sur la concurrence », dit-il.

« Notre ambition est de devenir en quelque sorte l’Android de la perception auto. »