La société minière québécoise Mason Graphite, qui peine à financer son projet minier de 258 millions de dollars sur la Côte-Nord, a un nouveau conseil d’administration élu au terme d’une guerre de procurations de vote.

Martin Vallières Martin Vallières
La Presse

Ce remplacement d’administrateurs survient après des mois de bisbille entre le conseil sortant et l’un de ses principaux actionnaires.

Ce nouveau conseil est désormais composé d’administrateurs qui avaient été proposés et appuyés par le deuxième actionnaire en importance et principal dissident chez Mason Graphite : l’homme d’affaires saoudien Fahad Al-Tamimi.

Selon des informations fournies par la direction de Mason Graphite, « une forte majorité d’actionnaires avait soumis leurs procurations [de vote] en faveur de M. Fahad Al-Tamimi et de tous ses nominés » avant le début de l’assemblée.

Avec 9,9 % des actions, M. Al-Tamimi est le deuxième actionnaire en importance chez Mason Graphite, après Investissement Québec qui en détient 12,5 %.

La direction du nouveau conseil de Mason Graphite a été confiée à Peter Damouni, qui fait partie avec Fahad Al-Tamimi des administrateurs élus de la société minière. Simon Marcotte, élu parmi les nouveaux administrateurs, est pressenti pour devenir le nouveau patron de la société qui n’a pas de PDG depuis le 1er avril.

En fin de journée, mardi, La Presse n’avait pas obtenu réponse à ses demandes de commentaires auprès de M. Damouni, à titre de principal représentant de M. Al-Tamimi au cours de cette bataille de procurations de vote parmi les actionnaires.

Dans une déclaration à La Presse publiée le 22 décembre, une semaine avant l’assemblée d’actionnaires de Mason Graphite, Peter Damouni avait indiqué que le groupe d’actionnaires dissidents et alliés à M. Al-Tamimi « veut faire élire des administrateurs qui voudront créer de la valeur pour les actionnaires » de l’entreprise de développement minier.

> (Re)lisez notre reportage « Investissement Québec au cœur d’une bataille de circulaires »

IQ gardera son siège au conseil

Chez Investissement Québec, dont le statut d’actionnaire principal à 12,5 % de Mason Graphite lui procure un droit de nomination d’un administrateur à son conseil, on indiquait hier par courriel à La Presse que la société d’État « continuera de siéger au conseil d’administration de l’entreprise ».

On indiquait aussi avoir eu « des discussions avec les représentants du groupe Al-Tamimi et que notre objectif commun est d’accélérer le développement de la filière batterie au Québec, dont Mason Graphite fait partie et continuera de faire partie ».

En Bourse, mardi, les investisseurs ont accueilli très favorablement le changement d’administrateurs chez Mason Graphite en négociant ses actions en forte hausse de 22 %, à 43 cents par action, avec un volume record de 800 000 unités.

Il s’agit d’un deuxième rebond en trois mois au-delà des 40 cents par action pour la valeur boursière de Mason Graphite. Néanmoins, cette valeur demeure très inférieure aux sommets autour de 2,80 $ par action atteints il y a trois ans, en deuxième moitié de l’année 2017.