(Londres) Le géant britannique des supermarchés Tesco a annoncé lundi la création de 16 000 emplois,  afin de soutenir la forte croissance de ses activités en ligne, plébiscitées par les consommateurs en raison de la pandémie de COVID-19.

Agence France-Presse

Le numéro un du secteur au Royaume-Uni précise dans un communiqué qu’il va recruter notamment 10 000 personnes pour préparer les commandes ainsi que 3000 chauffeurs pour les livrer.

Les autres embauches seront réalisées dans les magasins et les centres de distribution.

Ces nouveaux postes viennent s’ajouter aux 4000 déjà créés depuis le début de la pandémie de COVID-19.

Tesco précise que la majorité des 16 000 postes seront occupés par des personnes ayant rejoint le groupe de manière temporaire pendant la pandémie. L’enseigne avait alors embauché 47 000 personnes en intérim.

La demande avait été telle au début du confinement fin mars que les consommateurs devaient s’armer de patience pour obtenir un créneau de livraison. Et malgré la levée des mesures de restrictions dans le pays, beaucoup de Britanniques ont conservé les habitudes prises au plus fort de la pandémie.

« Ces nouveaux postes vont nous aider à répondre à la demande en ligne sur le long terme », souligne Jason Tarry, directeur général de Tesco pour le Royaume-Uni et l’Irlande.

L’enseigne se vante d’avoir été le premier distributeur en avril à traiter un million de commandes en ligne en une semaine.  

Au total, 1,5 million de personnes font leurs courses en ligne chez Tesco chaque semaine, soit une hausse d’environ 600 000 depuis le début de la pandémie.

Les ventes en ligne représentent désormais 16 % du total chez Tesco (contre 9 % avant la crise sanitaire) et elles devraient atteindre 5,5 milliards de livres en 2020, contre 3,3 milliards en 2019.

Les investissements pour faire face à la demande en ligne ont toutefois un coût, évalué fin juin à 840 millions de livres par Tesco, le poussant à des prévisions prudentes pour l’année, avec un bénéfice opérationnel dans la distribution attendu stable sur l’exercice 2020-2021.

L’essor des ventes sur l’internet bouleverse l’ensemble du secteur des supermarchés et suscite les convoitises de géants du numérique.

Le géant américain Amazon a annoncé fin juillet une nouvelle offensive au Royaume-Uni en proposant gratuitement son offre de livraison alimentaire, pour les commandes de plus de 40 livres, à ses abonnés ayant déjà souscrit à ses services « Prime ».

Ces changements d’habitude de consommation font en parallèle de lourds dégâts dans le secteur de la distribution.

L’enseigne Marks and Spencer a par exemple décidé de supprimer 7000 emplois en raison de la baisse de fréquentation de ses magasins et de sa volonté de mettre l’accent sur les ventes en ligne.