(Washington) Le spécialiste de la cigarette électronique Juul, qui fait face à de coûteux litiges juridiques aux États-Unis, a levé plus de 700 millions de dollars US en dette convertible, selon une source proche du dossier.

Agence France-Presse

Ces fonds ont essentiellement été apportés par des investisseurs existants, d’après le Wall Street Journal, qui a révélé l’information jeudi.

Contacté par l’AFP, Juul n’a pas confirmé l’information.

« Nous sommes bien positionnés pour nous concentrer sur nos objectifs de long terme », a simplement indiqué un porte-parole de la marque.

Cette levée de fonds intervient après que sa maison mère Altria, également propriétaire de la marque Marlboro, a inscrit dans ses comptes une charge de 4,1 milliards US due à une perte de valeur de la filiale.

Juul ne vaut plus que 12 milliards US, contre 38 milliards quand Altria y avait investi 12 milliards en échange d’une participation de 35 % au capital en décembre 2018.

Juul est accusée d’avoir vendu illégalement ses produits à des mineurs et d’avoir ciblé des lycéens, ce qui lui vaut une montagne de litiges juridiques.

En octobre, Altria avait déjà inscrit une charge de 4,5 milliards US.

Altria et Juul ont également revu les termes de leur accord. Le nouveau compromis prévoit notamment qu’Altria ne s’occupera plus du marketing et de la distribution des produits Juul. Il ne l’aidera plus que dans ses démarches pour les faire approuver par l’agence sanitaire américaine, la FDA.

Les États de Californie et de New York et la capitale fédérale Washington ont engagé des poursuites judiciaires contre le groupe, après le déclenchement à l’été d’une crise sanitaire : des vapoteurs, souvent dans leur vingtaine, ont commencé à tomber gravement malades des poumons.  

Une vaste enquête des autorités a révélé que la cause était un ingrédient souvent ajouté dans des recharges infusées au cannabis et vendues sur le marché noir, l’acétate de vitamine E. Plus d’une cinquantaine de décès avaient été recensés.

Ceci a conduit le Congrès américain à adopter en décembre une loi relevant de 18 à 21 ans l’âge minimum pour acheter tabac et cigarettes électroniques dans l’ensemble des États-Unis.