(QUÉBEC) Les trois partis de l’opposition ont appuyé la démarche des retraités du quotidien Le Soleil pour convaincre Power Corporation de prendre à sa charge les régimes de retraite du Groupe Capitales Médias (GCM).

Martin Croteau Martin Croteau
La Presse

Le Parti libéral et Québec solidaire ont appuyé une motion du député du Parti québécois, Sylvain Roy, qui demande au conglomérat de « prendre la responsabilité du déficit de solvabilité des régimes de retraite » de ses anciens employés.

Gesca, filiale de Power Corporation, a cédé Le Soleil, Le Droit, Le Nouvelliste, le Quotidien, La Tribune et la Voix de l’Est à Martin Cauchon en 2015.  La nouvelle entreprise, GCM, s’est placée à l’abri de ses créanciers quatre ans plus tard.

GCM a hérité du lourd déficit actuariel des régimes de retraite des employés. Aujourd’hui, les retraités risquent de voir leur rente amputée du tiers sir les efforts de relance de l’entreprise se concrétisent.

M. Roy estime que Power a la responsabilité morale de venir en aide aux employés de GCM. Il souligne que le conglomérat a lui-même montré l’exemple lorsqu’il a pris à sa charge les régimes de retraite du quotidien La Presse en 2018.

« Nous sommes devant un précédent qui, selon moi, est extrêmement dangereux pour les retraités au Québec », a dit M. Roy.

Selon le président de l’Association des retraités syndiqués du Soleil, Pierre Pelchat, Power n’aurait pas à allonger d’un coup 65 millions pour combler le déficit actuariel des régimes. Cette société pourrait garantir le paiement des cotisations, a-t-il fait valoir.

« Bref, l’engagement qu’on demande à Power n’est pas la mer à boire pour la famille Desmarais, pour qui la valeur du respect envers ses employés, et, nous espérons, ses ex-employés, est très importante », a dit M. Pelchat.

Selon le député de Québec solidaire, Vincent Marissal, il est clair que Power a une obligation « morale » de venir en aide à ses anciens employés, qui ne sont aucunement responsables du déficit actuariel de leurs régimes de retraite.

« C’est l’argent des travailleurs qui ont cotisé toute leur vie », a-t-il dit.

Québec refuse d’intervenir

Le gouvernement Legault a refusé d’intervenir auprès de Power Corporation au nom des travailleurs de GCM.

« C’est une situation qui est tragique, j’en conviens », a d’abord dit le ministre des Finances, Eric Girard.

Mais il a rappelé qu’en vertu de la loi, une société n’a pas à se porter garante des régimes de retraite d’une filiale qui fait faillite.

« L’employeur fait défaut, a-t-il indiqué. C’est ça le drame là-dedans. On est obligés de terminer le régime et le régime est sous-capitalisé. C’est ça qui se passe, c’est une entreprise privée. »