(Ottawa) Un responsable de Transports Canada exhorte les autorités de réglementation de l’aviation mondiale à ne pas laisser voler les avions 737 Max 8 de Boeing jusqu’à ce que la société supprime le logiciel antidécrochage associé à deux écrasements qui ont coûté la vie à 346 personnes.

La Presse canadienne

Le ministère fédéral a confirmé l’authenticité d’un courriel envoyé la semaine dernière aux organismes de réglementation de l’aviation aux États-Unis, au Brésil et dans l’Union européenne par le directeur de l’évaluation de l’intégration et de la sécurité des aéronefs chez Transports Canada, Jim Marko.

Dans ce courriel, dont l’existence a été rapportée pour la première fois par le New York Times, M. Marko exprimait son inquiétude face aux tentatives infructueuses de Boeing de trouver un correctif pour le logiciel appelé MCAS.

«À en juger par le nombre et l’ampleur des problèmes en suspens que nous avons, je pense que les décisions finales en matière d’acceptation ne s’appuieront pas sur des bases techniques», a-t-il écrit.

«Cela me laisse avec un niveau de malaise qui m’empêche de rester les bras croisés et de regarder les choses passer. […] À mon avis, la seule façon de progresser à ce stade (et je le dis à ce stade car c’est presque Noël et nous pouvons toujours croire aux miracles) est de se défaire de MCAS.»

Dans un communiqué, Transports Canada a indiqué que le courrier électronique de M. Marko «reflète les discussions au niveau opérationnel entre des experts en certification d’aéronefs qui sont hautement qualifiés et qui viennent des principales autorités de l’aviation. Ces autorités ont reçu une grande latitude pour évaluer tous les problèmes et examiner toutes les solutions de rechange pour assurer la remise en service sécuritaire de l’appareil.»

Le ministère a ajouté que les vues de M. Marko n’avaient «pas fait l’objet d’un examen systématique par Transports Canada».

Le Max 8 est immobilisé dans le monde entier depuis mars, peu de temps après l’écrasement du vol 302 d’Ethiopian Airlines peu après son décollage d’Addis-Abeba, un accident qui a tué les 157 passagers à bord.

Un autre accident similaire avait vu un Max 8 s’écraser en octobre 2018, peu après son décollage de Jakarta, en Indonésie, tuant 189 personnes.

Le logiciel MCAS, qui abaisse automatiquement le nez de l’appareil dans certaines circonstances, a été montré du doigt dans les deux collisions.

Le New York Times a rapporté la semaine dernière que les préoccupations de M. Marko au sujet des tentatives de correction de MCAS étaient partagées par au moins un responsable de la Federal Aviation Administration aux États-Unis.