Si des villes comme Mirabel adoptent un nouveau système de distribution, leur Publisac ne survivra pas, selon son propriétaire TC Transcontinental.

Vincent Brousseau-Pouliot Vincent Brousseau-Pouliot
La Presse

TC Transcontinental poursuit la Ville de Mirabel, qui deviendra en octobre la première ville au Québec à changer le mode de distribution des imprimés publicitaires comme le Publisac. Mirabel passera d’un système de distribution automatique avec droit de retrait (opt out) à un système de distribution avec consentement requis (opt in). La Ville de Montréal évaluera cet automne la possibilité de passer aussi à un système de distribution avec consentement requis.

TC Transcontinental estime que le nouveau règlement municipal de Mirabel ne respecte pas la liberté d’expression garantie par la Charte canadienne des droits et libertés et la Charte québécoise des droits et libertés de la personne. Si elle perd son litige en cour, l’entreprise prévient qu’elle mettra fin au Publisac dans les villes qui imposeront le nouveau système de distribution.

« Un tel modèle ne serait pas viable à cause de sa complexité et des coûts prohibitifs qu’il engendrerait », avait indiqué le président et chef de la direction de TC Transcontinental, François Olivier, dans un communiqué de presse en mars dernier. L’entreprise a indiqué hier ne pas avoir changé d’idée à ce sujet.

Rencontre avec la Ville

Avant d’aller devant les tribunaux, TC Transcontinental compte rencontrer les élus de Mirabel demain. L’entreprise espère les faire changer d’avis.

Nous les rencontrons pour voir si leurs objectifs rejoignent les nôtres. Nous avons confiance de pouvoir dialoguer et de nous entendre.

Patricia Lemoine, porte-parole de TC Transcontinental

TC Transcontinental fait valoir que le papier journal des imprimés publicitaires du Publisac est recyclé au Québec, et que son nouveau sac sera fait de plastique recyclé et sera 100 % recyclable. L’entreprise a aussi fait un sondage, qui montre que 87 % des adultes québécois qui reçoivent le Publisac le consultent. « En somme, le modèle actuel fonctionne », indique le président et chef de la direction François Olivier, dans un communiqué.

La Chambre de commerce de Mirabel est partagée sur le nouveau règlement municipal. Elle trouve l’initiative « intéressante » sur le plan environnemental, mais déplore que les commerçants n’aient pas été consultés. « Certains d’entre eux voient vraiment une différence avec le Publisac, beaucoup d’entre eux aimeraient le garder », dit la directrice générale Geneviève Brault-Sabourin.