(Montréal) Québec donne un coup de pouce de 4 millions à Ormuco, une entreprise établie à Montréal, qui fait dans l’intelligence artificielle.

Lia Lévesque
La Presse canadienne

Le projet de l’entreprise évalué à 17,6 millions, la plateforme appelée Cerebro, doit permettre la création de 40 emplois hautement qualifiés dans le domaine de l’intelligence artificielle et de l’apprentissage automatique. Les détails ont été donnés lors d’une conférence de presse à Montréal, lundi, en présence du ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon, du président-directeur général d’Ormuco, Orlando Bayter et des employés de l’entreprise.

Ormuco s’est développée dans l’informatique de périphérie (edge computing), ou décentralisée, soit près de l’endroit où l’utilisateur se connecte, plutôt que dans l’infonuagique. Elle a conçu sa plateforme d’informatique de périphérie, estimant que l’infonuage occasionnait des délais problématiques à cause de l’éloignement.

« Avec le "edge computing", les données vont être plus sécures, plus performantes, et il y aura moins de délais et elles seront dans 1000 sites à travers le Canada, pour donner ce "real time" qu’on n’a pas avec le nuage », a expliqué le PDG d’Ormuco, M. Bayter.

Il a donné l’exemple d’une voiture autonome qui ne peut se permettre de délai pour « prendre la décision » d’arrêter à un feu rouge ou de freiner brusquement. La technologie de l’informatique de périphérie permet, dit-il, de prendre une décision à la même vitesse que celle d’un cerveau humain.

Le ministre Fitzgibbon a jugé qu’il s’agissait là d’un prêt de 4 millions fort bien ciblé. « On parle de la création de 40 emplois de qualité ici, à Montréal, des emplois à plus de 40 $ l’heure ou 90 000 $ par année en moyenne. C’est exactement le genre d’emplois que notre gouvernement cherche à créer partout au Québec et notamment dans la métropole et ce, dans des domaines d’avenir », a-t-il souligné.

Même pour des emplois aussi bien payés. M. Bayter admet que le recrutement d’employés reste un défi. Il note que sans le coup de pouce de 4 millions de Québec, le défi serait encore plus colossal. « Sans eux, ce serait très difficile d’embaucher les gens dont on a besoin pour Cerebro. »