Airbus impose une baisse de l'ordre de 20 % aux tarifs des fournisseurs de l'A220, l'ex-C Series de Bombardier, s'ils veulent continuer à travailler sur ce programme d'avion canadien dont le groupe européen a pris le contrôle le 1er juillet, selon Les Échos.

Mis à jour le 28 juill. 2018
LA PRESSE

Le quotidien français cite un « message sans ambiguïté » adressé à la centaine d'équipementiers aéronautiques présents sur les deux modèles, A220-100 et A220-300, de 110 à 160 sièges. Le choix est simple : une baisse des prix de 20 % ou Airbus changera de sous-traitants.

« Chez Airbus, nous avons une grande expérience pour ce qui est d'augmenter avec succès la production et faire baisser les coûts, par exemple avec l'A320 et l'A350, nous mettrons à profit tout ce savoir-faire pour l'utiliser pour l'A220. »

- Airbus, dans une déclaration transmise à l'agence Reuters

« Nous travaillons avec et comptons sur la chaîne des fournisseurs de l'A220 pour parvenir aux réductions de coûts qui sont nécessaires pour mettre l'avion au bon niveau en matière de coûts. »

UNE MENACE CONNUE

Cette menace d'Airbus aux fournisseurs de l'ex-C Series de Bombardier a été évoquée pour la première fois en mars dernier, lors d'une visite du premier ministre du Québec, Philippe Couillard, aux installations du conglomérat européen Airbus, à Toulouse, dans le cadre de sa mission d'une semaine en France.

Le directeur des achats d'Airbus, Klaus Richter, avait alors affirmé qu'Airbus avait pris un pari en reprenant la C Series, un programme non profitable. Le plan d'Airbus est de miser sur le volume pour réussir à réduire les prix des fournisseurs. Le conglomérat avait d'ailleurs annoncé en mars qu'il tiendra son prochain grand congrès international de tous ses fournisseurs à Montréal en octobre.

« C'est normal, je reçois régulièrement des demandes de ce genre-là de mes clients », a réagi hier Hugue Meloche, président du groupe Meloche, qui fabrique des pièces pour le moteur et la structure de l'A220 et y voit même une occasion de décrocher des contrats supplémentaires en offrant de meilleurs prix que d'autres sous-traitants actuels.

« Surtout à ce stade-ci du programme. Au début, ils étaient dans un état d'esprit où il fallait absolument fabriquer l'avion et le certifier. Maintenant que les commandes commencent à entrer, ils vont regarder les coûts de plus près. »

- Hugue Meloche, président du groupe Meloche

Airbus s'attend à livrer 18 avions A220 d'ici la fin de l'année. Avant le rendez-vous de Farnborough qui s'est tenu du 16 au 22 juillet, 14 avions avaient été remis à des clients. Bombardier devrait confirmer le nombre de livraisons pour la première moitié de l'exercice jeudi prochain, à l'occasion du dévoilement de ses résultats du deuxième trimestre.

Encouragée par deux récents engagements d'envergure à l'endroit de l'A220, Airbus croit que la demande pour le modèle finira par être suffisante pour accélérer la production à plus de 100 appareils par année.

Airbus évalue la demande pour les 20 ans à venir à au moins 3000 unités.

- Avec Reuters et La Presse canadienne