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L'aide probable de Québec fait bondir le titre de Bombardier

Un CS300 de Bombardier.... (Photo fournie par Bombardier)

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Un CS300 de Bombardier.

Photo fournie par Bombardier

Julien Arsenault
La Presse Canadienne
Montréal

Le gouvernement Couillard volera vraisemblablement au secours de Bombardier (T.BBD.B) , une intention qui a été bien accueillie par les actionnaires de la multinationale québécoise.

En mi-journée, mercredi, à la Bourse de Toronto, le titre de l'entreprise - qui compte 17 750 employés au Québec - s'appréciait de plus de 15% par rapport à son cours de clôture de la veille.

D'après le quotidien La Presse, l'aide gouvernementale serait annoncée jeudi, en marge de la divulgation des résultats du troisième trimestre du constructeur d'avions et de matériel roulant.

On ignore encore les détails entourant ce coup de pouce financier et s'il se fera directement par le gouvernement provincial ou par son bras financier, Investissement Québec. Il n'est pas précisé non plus si la Caisse de dépôt et placement du Québec - un investisseur institutionnel et important actionnaire de Bombardier - pourrait jouer un rôle.

Bombardier n'a pas voulu commenter ces informations, tout comme le ministre de l'Économie, Jacques Daoust, lors de son arrivée au caucus libéral à Québec.

Selon Benoit Poirier, de Desjardins Marchés des capitaux, Québec pourrait prendre une participation directe oscillant entre 1 milliard et 2 milliards dans Bombardier Transport ou offrir des conditions de financement avantageuses aux clients de la gamme d'avions CSeries.

L'analyste doute toutefois de la possibilité d'un financement par actions étant donné que le titre de la société a perdu 62% de sa valeur depuis le début de l'année.

Un investissement dans le secteur ferroviaire de Bombardier générerait des liquidités et permettrait ainsi à l'entreprise de ne plus vendre une participation minoritaire de cette division, écrit M. Poirier dans une note.

«Une aide à des clients potentiels permettrait d'assurer la viabilité à long terme du programme de la CSeries en plus de potentiellement stimuler de nouvelles commandes», ajoute-t-il.

Les gouvernements du Québec, du Canada et britannique ont effectué d'importantes contributions financières dans le passé afin de soutenir le programme de la CSeries.

Ottawa s'est engagé à hauteur de 350 millions US, tandis que Québec a allongé 117 millions et le gouvernement britannique, 180 millions de livres sterling. La province avait également, en 2013, débloqué une enveloppe de 1 milliard pour faciliter le financement des acheteurs d'avions CSeries.

Le programme de cet avion commercial pouvant transporter de 110 à 160 passagers a, jusqu'ici, coûté plus de 5,4 milliards $ US. Après deux années de retard, les premières livraisons de l'appareil sont prévues l'an prochain.

Si une aide financière gouvernementale peut aider Bombardier à court terme, elle ne réglera toutefois pas tous les problèmes de l'entreprise, croit David Tyerman, de Cannacord Genuity.

«Ils n'ont pas eu une commande ferme pour la CSeries depuis plus d'un an, a expliqué l'analyste. Je ne peux même pas me souvenir de la dernière commande ferme de la part d'une compagnie aérienne connue.»

Le gouvernement du Québec n'est pas le seul à être préoccupé par les turbulences traversées par Bombardier depuis un certain temps.

Dans le cadre d'une mission économique de cinq jours à Montréal et Toronto, le ministre de l'Entreprise de l'Irlande du Nord, Jonathan Bell, a visité les installations de l'entreprise à Mirabel. Les ailes de l'appareil sont construites à Belfast.

Dans un communiqué, il a notamment reconnu que Bombardier faisait face à des défis, réitérant toutefois sa confiance à l'endroit de la direction de la multinationale.

Par ailleurs, Walter Spracklin, de RBC Marchés des capitaux, estime qu'il n'est désormais plus possible d'ignorer la possibilité que la famille contrôlant Bombardier puisse vendre sa participation en procédant à une vente d'actifs.

«Puisque la famille a procédé à un investissement important à l'extérieur de Bombardier, la thèse selon laquelle elle pourrait liquider sa position dans la société n'est pas si exagérée que l'on pourrait croire», suggère l'analyste dans un rapport.




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