Alors que tous les regards étaient fixés sur la C Series, un autre appareil en développement causait de sérieux maux de tête aux dirigeants de Bombardier (T.BBD.B): le biréacteur d'affaires de luxe Global 7000.

Mis à jour le 24 sept. 2015
Marie Tison LA PRESSE

Ce programme a cependant franchi les principaux obstacles et les plus grosses migraines font probablement partie du passé, selon le nouveau grand patron de Bombardier Avions d'affaires, David Coleal.

«Je ne veux pas minimiser tout le travail qu'il reste à faire, mais avec la révision de l'échéancier et avec tous les essais qui ont déjà été faits, nous pensons que nous avons surmonté beaucoup d'obstacles et nous sommes confiants», a-t-il déclaré hier, au cours d'une entrevue avec La Presse Affaires, au centre de finition Global de Dorval.

Problème d'aile

À la fin de juillet, Bombardier a annoncé que le Global 7000 entrerait en service deux années plus tard que prévu, soit au deuxième trimestre de 2018. Il s'agit d'un tout nouvel appareil et l'intégration des technologies et des systèmes a présenté des défis particuliers.

L'aile, notamment, s'est révélée particulièrement problématique. Il fallait qu'elle ait une performance exceptionnelle à très grande vitesse (l'avion doit voler à 1130 kilomètres à l'heure) et à vitesse plus réduite, à proximité d'aéroports peu faciles d'accès.

«Les clients veulent aller à des aéroports qui ne sont pas desservis par des liaisons commerciales et ils veulent voyager le plus rapidement possible», note M. Coleal, confortablement assis dans un des fauteuils luxueux de la maquette grandeur nature du Global 7000.

Les gens de Bombardier ont dû dessiner et redessiner l'aile à plusieurs reprises avant d'arriver à la version actuelle.

«Nous sommes confiants en ce qui concerne la configuration actuelle de l'aile et ses performances, a affirmé M. Coleal. Il n'y a pas de compromis.»

La surface de l'aile du Global 7000 est 20% plus grande que celle du plus gros avion d'affaires de Bombardier à l'heure actuelle, le Global 6000. La cabine est beaucoup plus grande que tout ce qui existe présentement dans le monde des avions d'affaires.

«C'est un avion qui définit un tout nouveau segment, lance M. Coleal. C'est révolutionnaire de mettre sur le marché un avion de cette taille.»

Lors du lancement du programme de développement du Global 7000 et du Global 8000 (une version qui aura une cabine plus petite mais qui ira plus loin), Bombardier avait parlé de coûts de développement de plus de 1 milliard de dollars. Le grand patron de Bombardier Avions d'affaires ne veut pas révéler les coûts révisés du programme, maintenant prolongé de deux ans.

«Nos concurrents ne révèlent pas non plus leurs coûts de développement», a-t-il affirmé.

Il n'a pas voulu non plus donner une idée du carnet de commandes des deux appareils.

«Les délais ont déçu les clients, mais avec l'expérience qu'ils ont pu vivre en visitant la maquette et compte tenu du fait qu'il n'y a rien de comparable sur le marché, la demande est encore très solide», a soutenu M. Coleal.

Le Global 7000 n'a pas encore effectué son vol inaugural. Bombardier termine l'assemblage du premier avion d'essai à Toronto et le deuxième avion d'essai suivra peu de temps après. Des composants sont prêts pour le troisième et le quatrième.

Il reste encore des éléments importants à contrôler pour la suite du programme, comme la performance des fournisseurs. Dans le cas de la CSeries, des problèmes à ce niveau avaient causé de sérieux retards.

M. Coleal a indiqué que Bombardier suivait de près la performance des fournisseurs.

Un premier vol attendu

Le premier vol constituera un autre jalon important, de même que la mise en place du programme d'essais pour la certification et le lancement de la production en série.

«Mettre un nouvel appareil sur le marché, c'est une des choses les plus difficiles, mais aussi les plus gratifiantes qui soient», lance M. Coleal.

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À VÉLO À MONTRÉAL

David Coleal est entré en poste à la direction de Bombardier Avions d'affaires le 15 juin dernier. Il s'est installé à Montréal pratiquement aussitôt.

«J'ai un condo, une auto, mes vêtements, je suis installé», a-t-il déclaré en souriant.

Titulaire d'une licence de pilote, il se décrit comme un cycliste passionné qui a déjà exploré les pistes cyclables de Montréal, du canal de Lachine au parc Jean-Drapeau.

«C'est un plaisir d'être ici, c'est une très belle ville.»

M. Coleal avait été président et chef de la direction de Cirrus Design Corporation (un constructeur de petits avions) entre 2001 et 2008, avant de diriger Learjet jusqu'en 2011. Il a quitté cette division pour se joindre à Spirit Aerosystems, un des plus grands producteurs d'aérostructures au monde.

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BOMBARDIER AVIONS D'AFFAIRES EN CHIFFRES

Effectifs

> Montréal: 7205

> Toronto: 1800

> Wichita: 1120

> Ailleurs aux États-Unis: 480

> Ailleurs dans le monde: 350

Livraisons d'avions d'affaires au premier semestre

> Learjet: 14

> Challenger: 41

> Global: 37