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Les trains de banlieue de l'AMT pourraient être paralysés par une grève

Les usagers des lignes de trains de banlieue de Candiac, Vaudreuil-Hudson et... (PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, ARCHIVES LA PRESSE)

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Pierre Saint-Arnaud
La Presse Canadienne
MONTRÉAL

Les usagers des lignes de trains de banlieue de Candiac, Vaudreuil-Hudson et Saint-Jérôme doivent se préparer à chercher une alternative pour la semaine prochaine.

Ces trois lignes, qui sont exploitées par le Canadien Pacifique (CP), pourraient être paralysées dès dimanche en raison d'une grève des conducteurs et ingénieurs de trains, syndiqués auprès des Teamsters.

Par ailleurs, La Presse Canadienne a appris que les ingénieurs et conducteurs de trains des lignes Deux-Montagnes, Saint-Hilaire et Mascouche, dont les voies appartiennent au Canadien National (CN), ont voté à 98 pour cent en faveur de la grève et la décision de débrayer pourrait être prise aussitôt que la semaine prochaine également.

L'Agence métropolitaine de transport a mis sur pied une cellule de crise pour instaurer des services alternatifs de navette par autobus jusqu'aux stations de métro les plus accessibles à compter de dimanche et, surtout, pour lundi matin pour les trois premières lignes.

«C'est comme si on tenait en otage notre clientèle», a déclaré la porte-parole de l'AMT, Fanie St-Pierre, en entrevue avec La Presse Canadienne, indiquant que l'on étudie de possibles recours judiciaires contre le CP.

«Nous sommes prêts à déposer une demande d'injonction pour qu'ils priorisent notre clientèle parce que, même si les employés ont le droit de grève, les superviseurs ou d'autres cadres pourraient assurer le service. Ce qu'on souhaite, c'est que le CP assure le service à notre clientèle en priorité, avant les marchandises», a confié Mme St-Pierre.

L'organisme reconnaît qu'il ne sera pas possible d'offrir un service alternatif à l'ensemble des quelque 19 000 usagers, ce qui représente, donc, quelque 38 000 passages aller-retour dans la journée, puisqu'environ 700 autobus seraient requis.

«Ajouter 700 autobus, c'est impensable: les rues de Montréal, les autoroutes, ne pourront pas absorber un tel surplus. Le plan qui sera mis en place ne pourra pas pallier entièrement au service de train», a-t-elle reconnu.

En plus, ce nombre ne comprend par les usagers des trois autres lignes qui pourraient être paralysées à leur tour.

Les Teamsters et le Canadien Pacifique sont en conciliation ce jeudi mais, bien que l'espoir d'un déblocage demeure toujours présent, le syndicat n'est guère optimiste.

«Nous avons le sentiment que le Canadien Pacifique ne fait pas de grands efforts à la table de négociation en espérant que le gouvernement fédéral va intervenir et adopter une loi de retour au travail forcé», a indiqué le porte-parole des Teamsters, Stéphane Lacroix, rappelant que le gouvernement Harper est intervenu de cette manière à plusieurs reprises dans le passé.

Les horaires de travail sont au centre du litige, précise M. Lacroix.

«L'enjeu numéro un, c'est la gestion de la fatigue, la capacité pour les travailleurs qui opèrent les trains de se reposer. Il y a un niveau d'inquiétude très élevé chez nos membres parce qu'ils sont appelés à travailler parfois dix heures ou même 12 heures par jour et ils sont fatigués», a-t-il dit.

Par ailleurs, un règlement de dernière minute ne lèverait pas complètement la menace: les employés du CP chargés de l'inspection de sécurité, de l'entretien et de la réparation des trains et locomotives, qui sont syndiqués chez Unifor, détiennent également un mandat de grève pour dimanche.

«A priori, un syndicat doit respecter les lignes de piquetage d'un autre syndicat», a expliqué Stéphane Lacroix, tout en précisant qu'il s'agit d'une décision politique qui reviendra aux membres si une telle situation se présentait.

La ministre fédérale du Travail, Kellie Leitch, a dit garder espoir de voir un accord conclu à temps pour éviter un arrêt de travail.

Mme Leitch a fait valoir par courriel qu'il serait «inapproprié» de spéculer sur une intervention d'une quelconque nature du gouvernement alors que les négociations sont encore en cours.

La ministre a affirmé qu'une entente négociée représentait le meilleur scénario.

«Nous estimons que la meilleure solution est celle à laquelle parviennent les deux parties par elles-mêmes. Nous encourageons fortement les deux parties à travailler ensemble et conclure un accord qui assurera la stabilité des services ferroviaires», a-t-elle exprimé.




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