La proposition du régulateur américain des télécoms d'autoriser les passagers à téléphoner en vol faisait grincer des dents aux États-Unis vendredi, certains érigeant «le calme» à bord en règle d'or.

Publié le 22 nov. 2013
AGENCE FRANCE-PRESSE

L'association américaine des personnels de cabine, qui revendique 60 000 membres, s'est dite résolument opposée à la proposition annoncée jeudi et qui autoriserait l'utilisation en vol des portables avec les réseaux mobiles 3G ou 4G.

Mettant en avant «l'importance d'un environnement calme en cabine», les stewards et hôtesses jugent que «toute situation bruyante et potentiellement perturbante est non seulement importune mais aussi peu sûre».

Une pétition sur internet appelant au statu quo dans la réglementation et adressée à la Maison-Blanche a recueilli 1000 signatures.

«Forcer (les passagers) à entendre des conversations ineptes, bruyantes et qui relèvent du domaine privé est sans doute la pire idée qu'ait eue le régulateur américain des télécoms», s'indignent les signataires.

Face à cette levée de boucliers, Tom Wheeler, le patron de la Commission fédérale des communications (FCC), a tenu à préciser vendredi que la proposition n'en était encore qu'au stade de l'idée et qu'il ne revenait pas à son agence de dicter de nouvelles règles aux compagnies aériennes.

«Nous sommes bien conscients que de nombreux passagers préféreraient qu'il ne soit pas possible de téléphoner en avion. C'est aussi mon avis. Au bout du compte, si la FCC adopte la proposition dans les mois à venir, il reviendra aux compagnies aériennes (...) d'autoriser ou non les appels pendant les vols», a écrit M. Wheeler dans un communiqué.

La proposition doit être formellement lancée à la mi-décembre.

Si elle adopte cette proposition, la FCC lancera alors une période de consultations publiques qui pourrait durer un an afin d'évaluer l'opportunité d'une telle mesure.

Les compagnies aériennes sont appelées ensuite à donner leur accord et éventuellement installer les équipements nécessaires qui devront, à leur tour, être approuvés par l'Agence américaine de l'aviation civile (FAA), responsable de la sécurité aérienne.

Après plus d'un an de consultations, la FAA avait déjà annoncé fin octobre un allègement des règles encadrant l'utilisation en vol des consoles de jeux vidéo et des tablettes.