L'aéroport Montréal-Trudeau devait inaugurer hier son nouveau secteur des départs vers les États-Unis. Compte tenu de la baisse sérieuse du tarif transfrontalier, Aéroports de Montréal a reporté l'ouverture à la mi-août.

Marie Tison
Marie Tison LA PRESSE

Ce report lui permettra d'économiser quelque peu et, surtout, de tester davantage son nouveau système de traitement des bagages, histoire d'éviter des désastres comme ceux du terminal cinq à Heathrow, il y a un an, et de l'aéroport de Denver, au Colorado, en 1995.

«C'est un système sophistiqué, a déclaré la vice-présidente aux affaires publiques d'Aéroports de Montréal, Christiane Beaulieu, en entrevue téléphonique avec La Presse Affaires. Ça fait déjà un petit moment que nous faisons des tests, mais comme il n'y a pas urgence en la demeure, nous allons faire des tests additionnels. Tout le monde sera plus relax.»

Elle a affirmé que la construction des divers éléments du nouveau secteur des départs vers les États-Unis était pratiquement terminée.

«Il restait des choses à l'extérieur qui n'étaient pas tout à fait terminées, mais rien qui pouvait empêcher le fonctionnement du secteur, a-t-elle indiqué. Toutes les bornes, les comptoirs, les équipements pour les bagages, tout était installé, les planchers sont faits.»

En plus de permettre des tests additionnels pour le système de traitement des bagages, le délai facilitera la formation des employés.

«Nous allons déménager tout le secteur des enregistrements et changer la séquence d'enregistrement, a expliqué Mme Beaulieu. Les gens vont s'enregistrer, déposer leur valise et passer à la douane, où leur valise pourra être rappelée. Cette nouvelle séquence doit faire l'objet de formation.»

Elle a indiqué que si l'aéroport Montréal-Trudeau avait poursuivi sa croissance, le secteur actuel des départs vers les États-Unis aurait été engorgé.

«En ce moment, il n'y a vraiment pas d'engorgement», a-t-elle lancé.

Elle a indiqué que le trafic transfrontalier avait chuté de 10,3% au mois d'avril. Pour les quatre premiers mois de l'année, ce trafic a baissé de 8,9%. Le trafic national a diminué de 12,1% pendant cette période, alors que le trafic international, de façon surprenante, a augmenté de 4,5%.

«Le marché d'affaires, que ce soit national ou transfrontalier, a accusé un repli très grand, a affirmé Mme Beaulieu. Avec nos partenaires, les compagnies aériennes, nous avons décidé d'y aller mollo au lieu d'accélérer la cadence dans les derniers milles.»

Afin d'économiser, Aéroports de Montréal a également décidé de reporter à l'année prochaine quelques projets non urgents, comme une aire de stationnement pour certains avions, une salle d'attente supplémentaire à la porte 53 et la réfection de routes sur les terrains aéroportuaires.

«Tout ce qui est nécessaire, nous le faisons, tout ce qui pouvait attendre un an, nous le retardons», a déclaré Mme Beaulieu.