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Calin Rovinescu: le retour du réformateur d'Air Canada

Calin Rovinescu, photographié en 2003 avec Buzz Hargrove,... (Photo: La Presse Canadienne)

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Calin Rovinescu, photographié en 2003 avec Buzz Hargrove, qui représentait les Travailleurs canadiens de l'automobile (TCA) à l'époque.

Photo: La Presse Canadienne

(Montréal) L'un des principaux dirigeants de la précédente restructuration de faillite d'Air Canada (T.AC.B), complétée il y a cinq ans à peine, est de retour dans le cockpit.

Cette fois, Calin Rovinescu est le premier commandant de bord, avec toute la capacité de décider des priorités pour piloter un autre sauvetage financier pour le transporteur.

 

Ce périple passera-t-il encore par un épisode à l'abri des créanciers, comme l'appréhendent les actionnaires d'Air Canada?

Faudra voir. Dans l'immédiat, le nouveau président et chef de la direction est un avocat et financier de 54 ans qui a la réputation d'être un fort négociateur et tacticien d'affaires.

Aussi, il connaît bien Air Canada, ayant déjà servi comme conseiller juridique puis adjoint direct de son ex-président, Robert Milton.

Ce fut de 1999 à 2004, une période de graves turbulences pour Air Canada.

Auparavant, Calin Rovinescu avait accumulé 20 ans d'expérience comme avocat d'affaires au cabinet Stikeman Elliott, à Montréal. Puis, en 1999, Air Canada l'a mandaté comme principal avocat dans sa bataille contre l'offre d'achat hostile du groupe Onex de Toronto et son partenaire d'alors, American Airlines.

Cette transaction concoctée par le financier torontois Gerry Schwartz devait aussi provoquer la fusion d'Air Canada avec son principal rival d'alors, Canadian Airlines. Mais cette offre hostile échoua en justice grâce à la tactique défensive menée par Calin Rovinescu. Et le président d'Air Canada, Robert Milton, l'apprécia au point de l'embaucher comme vice-président au développement stratégique.

C'était au moment où l'acquisition de Canadian Airlines, effectuée après l'épisode avec Onex, était plus compliquée que prévu.

Aussi, avec M. Rovinescu à ses côtés, Robert Milton voulait accélérer ses ambitions de «rehaussement de valeur» au sein de l'entreprise. En clair: trouver les moyens de mieux refléter en Bourse la valeur de toute l'entreprise et surtout de ses divisions spécialisées: le programme de fidélisation Aéroplan, les services d'entretien d'avions, la filiale régionale Jazz, etc.

D'une crise à l'autre

Toutefois, cette stratégie de valorisation boursière d'Air Canada fut stoppée par la crise du transport aérien après les attentats de septembre 2001 aux États-Unis.

Survint aussi l'éclatement de la bulle technologique - Nortel et ses pairs étaient de gros clients d'Air Canada - et une récession américaine.

Enfin, Air Canada fut très affecté par la crise de contagion du SRAS d'origine asiatique, qui s'est propagé surtout à Vancouver et à Toronto, ses deux principales plaques tournantes.

Bref, plus qu'il n'en fallait pour pousser Air Canada au bord de la faillite. C'est à son récent vice-président, Calin Rovinescu, que revint le rôle de principal coordonnateur de la restructuration à l'abri des créanciers.

Ce qui devait prendre quelques mois dura finalement un an et demi. Même que la variété des intérêts impliqués - syndicats divergents, fournisseurs impatients, financiers inquiets - fit de la restructuration d'Air Canada la plus complexe jamais effectuée au pays.

Calin Rovinescu fut l'éminence grise des concessions majeures demandées aux divers interlocuteurs d'affaire d'Air Canada.

Il fut aussi parmi les architectes d'un montage financier d'environ 2,5 milliards, incluant une injection de capital de 650 millions de la part de Victor Li, fils canadien d'un milliardaire de Hong Kong.

Toutefois, ce placement des Li requerrait d'autres concessions des syndicats d'Air Canada, en particulier dans les caisses de retraite. Les réticences syndicales firent échouer ce montage financier. Cet échec provoqua le départ de M. Rovinescu de la haute direction d'Air Canada, pour motif officiel de «fatigue professionnelle».

Mais quelques mois plus tard, il rebondissait dans le secteur financier de Toronto à titre de cofondateurs de Genuity Capital, avec des ex-dirigeants de la filiale boursière de la banque CIBC.

Rapidement, Genuity Capital s'est constitué une clientèle remarquée dans le milieu financier et boursier. Elle comprenait... Air Canada, avec l'inscription boursière de sa filiale Aéroplan lors d'une transaction de 288 millions en juin 2005.

 




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