Il y a plus que des chiffres derrière la nouvelle acquisition de Fiera Capital (T.FSZ), vedette montante de la finance montréalaise qui cote maintenant à 63 milliards de dollars d'actifs sous gestion.

Martin Vallières LA PRESSE

En acquérant les activités de gestion d'actifs canadiens du géant financier UBS, d'origine suisse, Fiera Capital compte aussi s'ouvrir des portes vers une clientèle plus internationale.

Ce ne fut pas le cas lors de sa grosse acquisition antérieure: 309 millions en mars dernier pour la filiale Placements Natcan de la Banque Nationale, payée en partie par un gros bloc d'actions de Fiera. «Avec les activités d'UBS, nous savons que cette acquisition (52 millions pour 8 milliards d'actifs) ajoutera rapidement aux résultats de Fiera. Mais au-delà des chiffres, nous acquérons des activités performantes dont la clientèle se compose surtout de filiales canadiennes de firmes internationales, américaines notamment. Ça devrait bénéficier à nos ambitions d'expansion hors du Canada», explique Sylvain Brosseau, président et chef de l'exploitation chez Fiera Capital.

Associé principal de Jean-Guy Desjardins à la tête de Fiera, M. Brosseau a livré cette explication à La Presse Affaires alors qu'il se déplaçait vers Toronto pour y rencontrer ses prochains collègues chez UBS Gestion globale d'actifs.

Ils se retrouveront entre bonnes mains, estime leur président actuel, Marcel Larochelle, un financier d'origine montréalaise qui dirige cette filiale canadienne d'UBS depuis quatre ans. Et qui connaît bien le cheminement professionnel des entrepreneurs financiers qui dirigent Fiera Capital.

«Ce que nous leur vendons, ce sont des activités qui cotent dans le premier quartile dans leur secteur au Canada. Toutefois, elles ne cadrent plus avec notre priorité de placements internationaux parmi notre clientèle canadienne», a expliqué M. Larochelle.

Élément particulier: l'annonce de cette autre acquisition d'importance pour Fiera a eu lieu tôt hier matin, à la coïncidence de la fin et du début des séances boursières en Europe et en Amérique. Cette considération d'horaires transatlantiques pourrait devenir plus fréquente dans les activités de Fiera Capital.

«L'achat des activités canadiennes d'UBS Gestion d'actifs va nous exposer davantage à des investisseurs institutionnels établis aux États-Unis et Europe, en plus d'accroître nos compétences dans certaines catégories de placements comme les [titres à] revenus fixes», a souligné Sylvain Brosseau.

Aux États-Unis, d'ailleurs, Fiera Capital accentue son démarchage de mandats de gestion d'actifs depuis son bureau de Boston. Dans sa ligne de mire: au moins «trois grandes firmes d'investissement institutionnel et de gestion privée», a confié le chef de l'exploitation chez Fiera.

Fiera Capital

Siège social: Montréal

Actifs gérés: 63 milliards

Effectif: 260 employés

Revenu annuel: environ 105 millions

Valeur boursière: 266 millions

Actionnaires: Banque Nationale (35%), dirigeants/employés (28%), Mouvement Desjardins (11%), autres(26%)