CIBC Marchés mondiaux a supplanté Valeurs mobilières TD à titre de plus important négociateur d'actions pour la première fois en six ans au moment où les banques canadiennes profitent de l'embellie sur les marchés boursiers pour remplacer les profits qui écopent en raison de prêts douteux.

BLOOMBERG

Ainsi, la division de banque d'affaires de la CIBC a été le plus important négociateur d'actions sur le plan du volume à la Bourse de Toronto au cours des trois derniers mois, accaparant presque le cinquième du marché en avril, selon des données de TMX Group, le propriétaire de la Bourse de Toronto. TD Securities avait été le plus gros négociateur chaque mois depuis 2003.

Les banques canadiennes, qui commenceront à divulguer les résultats du deuxième trimestre à compter d'aujourd'hui, feront probablement état d'une hausse de leurs revenus de transactions tandis que les marchés mondiaux se rétablissent de la pire crise économique depuis la Dépression des années 30.

Au cours du trimestre terminé le 30 avril dernier, l'indice de référence canadien Standard & Poor's/TSX s'est apprécié de 7,2%, ce qui est mieux que les 5,7% affichés par l'indice américain Standard & Poor's 500.

Les commissions sur transactions empochées par les six plus importantes banques canadiennes auront plus que doublé à 2,62 milliards, estime Sumit Malhotra, analyste de Macquarie Capital Markets, à Toronto.

La CIBC, cinquième banque en importance au pays, a embauché trois anciens cadres de la Bourse, y compris l'ancien vice-président exécutif Rik Parkhill, pour augmenter ses transactions électroniques de manière à ravir de la clientèle de la Banque Toronto-Dominion et d'autres concurrents.

«L'embauche de Rik Parkhill donne à la banque un avantage certain en ce qui concerne le TSX et la manière dont les transactions s'y effectuent», soutient John Aiken, un analyste du secteur bancaire de Dundee Securities, à Toronto. « Il s'agit d'une initiative stratégique de la part de la CIBC, ajoute-t-il, et cela s'est fait presque du jour au lendemain. «

Mais l'augmentation des revenus des transactions ne sera pas suffisante pour hausser les profits d'ensemble, qui reculeront en raison des provisions plus élevées pour créances douteuses et à cause de la baisse de la demande de crédit tandis que sévit la première récession au Canada depuis 1992, avancent des analystes.

Les banques canadiennes vont annoncer que leurs bénéfices avant éléments non récurrents auront chuté de 17% en moyenne, ce qui serait la sixième baisse trimestrielle de suite, estime M. Malhotra. La Banque de Montréal, quatrième en importance au pays, sera la première à faire connaître ses résultats aujourd'hui.

La CIBC fait partie des banques qui profitent de la reprise sur les marchés boursiers et cela lui a permis de supplanter TD Securities en février, d'après des données de TMX.

La CIBC a consacré une décennie pour bâtir des systèmes qui tirent parti des transactions automatisées, un secteur qui gagne du terrain sur le secteur traditionnel des ventes d'actions en bloc dominé par les banques canadiennes. Les transactions électroniques forment 15% du volume à la Bourse de Toronto, alors qu'elles étaient presque inexistantes il y a un an, selon TMX.