Submergée au début de l'année par une demande d'électricité du secteur des cryptomonnaies totalisant plus de 18 000 MW, Hydro-Québec a prévu pour 2019 une consommation de seulement 110 MW pour les mineurs de bitcoins.

Mis à jour le 22 déc. 2018
HÉLÈNE BARIL  LA PRESSE

La dégringolade du bitcoin, qui a perdu 80 % de sa valeur depuis un an, a-t-elle fait fuir les entreprises qui lorgnaient l'électricité pas chère du Québec pour profiter de la vague des cryptomonnaies ?

C'est surtout parce qu'on est en période de moratoire, explique un porte-parole d'Hydro-Québec, Jonathan Côté. Hydro a demandé à la Régie de l'énergie d'encadrer la fourniture d'électricité au secteur des cryptomonnaies et surtout de la restreindre à un maximum de 300 MW.

En attendant la décision de la Régie, prévue pour le début de 2019, « l'industrie est dans les limbes », illustre le porte-parole d'Hydro-Québec.

La société d'État prévoit qu'une fois que la Régie aura tranché, au début de 2019, il faudra du temps pour que les projets soient mis en place. La baisse de valeur du bitcoin a aussi éliminé certains d'entre eux, admet Jonathan Côté.

Pour en avoir le coeur net, Hydro-Québec a sondé les promoteurs qui lui apparaissaient les plus sérieux parmi tous ceux qui lui avaient soumis une demande d'approvisionnement en électricité. La plupart sont toujours intéressés.

« Sur des projets totalisant 5100 MW, il y en a 4800 qui sont toujours là. C'est encore une quantité d'énergie supérieure à ce que nous pouvons fournir. »

- Jonathan Côté, porte-parole d'Hydro-Québec

Des enchères

Hydro-Québec a obtenu plus tôt cette année un moratoire sur les demandes d'approvisionnement du secteur des cryptomonnaies. Elle a proposé à la Régie de l'énergie de limiter cette demande à 300 MW, ce qui, avec les ententes qu'elle a déjà conclues et celles en vigueur avec les réseaux municipaux, porterait à 668 MW la quantité totale d'énergie allouée à ce secteur.

Pour avoir les mégawatts qu'ils demandent, les mineurs de bitcoins devront faire une proposition à Hydro-Québec, faire valoir les retombées économiques de leur projet et préciser le prix qu'ils sont prêts à payer pour l'électricité.

Ce processus pourrait prendre du temps et c'est la raison pour laquelle Hydro estime que la consommation du secteur des cryptomonnaies sera à son maximum entre 2020 et 2024.