Pour compenser en partie la réduction de l'aide gouvernementale aux petits entrepreneurs, un fonds de 2,3 millions vient de voir le jour pour appuyer le démarrage d'entreprises d'économie sociale à Montréal.

Mis à jour le 21 oct. 2016
Isabelle Ducas LA PRESSE

La Caisse d'économie solidaire Desjardins et le réseau PME MTL se sont alliés pour bâtir le programme Jeunes entreprises collectives, qui vise la création de 100 organisations de ce type au cours des cinq prochaines années.

Chaque projet pourra recevoir 13 000 $ en bourse et subvention (non remboursables) et au moins 10 000 $ en prêt, en plus de conseils professionnels pendant la phase de démarrage.

« On accorde déjà des prêts à des entreprises en économie sociale, mais, comme tous les créanciers traditionnels, on doit demander des garanties. Ce partenariat avec PME MTL nous permettra de prendre plus de risques, parce qu'ils seront partagés. »

- Marc Picard, directeur général de la Caisse d'économie solidaire

Le réseau PME MTL (six points de services sur l'île) a remplacé les Centres locaux de développement (CLD) et les Corporations de développement économique communautaire (CDEC), abolis par le gouvernement du Québec en 2014. Dans la foulée de cette réorganisation, le budget des programmes d'aide aux nouveaux entrepreneurs a été amputé de 55 %.

Une partie des fonds destinés aux prêts et subventions a été maintenue, précise Jean-François Lalonde, directeur général de PME MTL Centre-Est. Des programmes existent aussi pour les entrepreneurs traditionnels. « Mais il y a une effervescence autour de l'économie sociale, après le sommet de septembre dernier à Montréal, et on veut maximiser le financement », souligne M. Lalonde.

Il cite le cas de Lange bleu, qui fabrique, livre et entretient des couches lavables pour les familles, les garderies et les résidences pour personnes âgées. Pour mettre au point des couches d'incontinence pour adultes plus efficaces pour la nuit, l'organisme doit faire de la recherche et développement, mais n'a pas accès aux mêmes aides financières que les entreprises traditionnelles pour ce type d'activités. Il pourrait demander le soutien du nouveau programme.

« Notre caisse a été fondée dans le but de soutenir le développement d'une économie parallèle, qui croit que l'argent doit être au service des gens et non l'inverse, dit Marc Picard. Au lieu de verser des ristournes à nos membres, on a un fonds d'aide au développement communautaire, ce qui nous permet de donner des bourses à de tels projets. »