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Le Fonds FTQ intéressé par une équipe de la LNH à Québec

Le Fonds de solidarité FTQ a déjà été... (PHOTO ROBERT MAILLOUX, ARCHIVES LA PRESSE)

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Le Fonds de solidarité FTQ a déjà été un actionnaire minoritaire des Nordiques dans les années 80 et 90, jusqu'à la vente de l'équipe et son déménagement au Colorado en 1995.

PHOTO ROBERT MAILLOUX, ARCHIVES LA PRESSE

Actionnaire minoritaire du Canadien de Montréal, le Fonds de solidarité FTQ songe à devenir actionnaire minoritaire d'une équipe de la Ligue nationale de hockey à Québec avec un consortium de gens d'affaires québécois, a appris La Presse.

« Si nous sommes approchés, c'est sûr que nous regarderons le projet en lien avec notre mission de développement économique, de création d'emplois et de rendements pour nos actionnaires. Nous allons toujours favoriser des propriétaires québécois, ça fait partie de notre mission, dans le sport ou ailleurs dans l'économie », a indiqué Patrick McQuilken, conseiller principal aux relations de presse et aux communications du Fonds de solidarité FTQ, en entrevue avec La Presse.

EX-ACTIONNAIRE DES NORDIQUES

Le Fonds de solidarité FTQ a déjà été un actionnaire minoritaire des Nordiques dans les années 1980 et 1990, jusqu'à la vente de l'équipe et son déménagement au Colorado en 1995. Le Fonds est un actionnaire minoritaire du Canadien depuis 2009.

Les règles de la LNH permettent à un propriétaire de moins de 30 % d'une équipe de détenir moins de 10 % dans deux autres équipes, sous réserve de l'approbation obligatoire des gouverneurs de la LNH.

Mercredi soir, à peine une heure après l'annonce de la Ligue nationale de hockey qu'elle évaluera les candidatures en vue d'une expansion, le conglomérat de télécommunications Québecor a indiqué qu'il participera au processus et soumettra la candidature de Québec. Le Fonds de solidarité n'a actuellement pas de dossier à l'étude sur un investissement dans une équipe de la LNH à Québec.

Lorsque George Gillett a décidé de vendre le Tricolore (et le Centre Bell) en 2009, le Fonds FTQ avait donné son appui comme actionnaire minoritaire à trois consortiums québécois, dont le consortium gagnant de la famille Molson ainsi que le consortium mené par Québecor. Selon nos informations, la haute direction de Québecor (l'entreprise était alors dirigée par Pierre Karl Péladeau) n'avait pas apprécié le fait que le Fonds de solidarité donne son appui à d'autres consortiums que le sien. Le Fonds FTQ n'avait toutefois signé aucune entente d'exclusivité avec les consortiums québécois songeant à l'achat du Canadien, ce qui lui a permis de faire partie de trois consortiums à la fin du processus de vente.

En plus du Canadien, le Fonds de solidarité FTQ est actionnaire minoritaire de l'Impact de Montréal, l'équipe de soccer de la MLS, depuis 2012. « L'industrie du sport est un domaine qui ne nous est pas étranger », dit Patrick McQuilken.

Le Fonds de solidarité FTQ a aussi déjà été actionnaire minoritaire des Expos de Montréal (déménagés à Washington en 2004).

Cinq cents millions US, un juste prix?

500 millions US pour les Nordiques: une bonne affaire ou une proposition hors de prix? Chose certaine, Québecor a indiqué qu'elle tenterait d'obtenir une équipe d'expansion de la LNH pour Québec. Analyse financière.

La faute du huard

Le taux de change n'est pas à l'avantage des actionnaires québécois et canadiens intéressés comme Québecor. Au taux de change actuel, les 500 millions US demandés par la LNH pour une équipe d'expansion équivalent à 615 millions CAN. Québecor devrait ainsi payer actuellement 23% plus cher que des actionnaires américains. «615 millions, c'est beaucoup d'argent pour une équipe dans une région de 1 million d'habitants», dit Glen Hodgson, premier vice-président et économiste en chef du Conference Board du Canada.

Les Jets, une aubaine

À côté du scénario d'une expansion à 500 millions US, le retour des Jets de Winnipeg passe pour une aubaine. Les propriétaires des Jets (réunis sous l'entreprise True North) ont acheté l'équipe d'Atlanta pour 170 millions US en 2011 pour la déménager à Winnipeg alors que le huard était à parité. Quatre ans plus tard, Québecor paierait donc environ 330 millions US de plus pour une équipe dans un marché économique similaire.

Le CH, une autre aubaine

Québecor avait pris part aux enchères quand le Canadien de Montréal a été mis en vente en 2009. C'est le consortium rival mené par la famille Molson qui a finalement acheté l'équipe, le Centre Bell et evenko pour 575 millions. La valeur foncière du Centre Bell était de 265 millions à l'époque et a diminué à 191 millions cette année. Aux fins de nos calculs, attribuons les sommes de 200 millions pour le Centre Bell et de 375 millions pour le Canadien (et evenko). En 2009, Québecor n'était visiblement pas prêt à payer plus de 375 millions pour l'une des équipes les plus riches de la LNH. En 2015, la même entreprise pourrait devoir payer 615 millions CAN pour une équipe qui ne sera assurément pas dans les 15 équipes les plus riches du circuit Bettman.

Une équipe rentable, mais gare au huard

Selon Forbes, les Jets de Winnipeg ont fait respectivement des profits de 13 millions US, 6 millions US puis 3 millions US à leurs trois premières années. Conclusion: une équipe de la LNH à Québec pourrait être rentable, mais les profits ne seraient pas faramineux, surtout avec un dollar canadien à environ 80 cents US.

Avantages collatéraux pour Vidéotron et TVA Sports

Pour Québecor, beaucoup des avantages financiers à posséder une équipe de la LNH à Québec se trouvent plutôt chez Vidéotron et TVA Sports. Les Nordiques pourraient être au centre de la stratégie de marketing de Vidéotron dans la grande région de Québec, ce qui amènerait certainement de nouveaux clients. Pour TVA Sports, l'arrivée des Nordiques aura un impact réduit sur le nombre d'abonnés (les mordus de hockey sont déjà presque tous abonnés à TVA Sports, qui diffuse en exclusivité francophone les séries éliminatoires de la Coupe Stanley).

La possibilité de diffuser tous les matchs des Nordiques (TVA Sports possède déjà les droits nationaux des équipes canadiennes de la LNH et aurait ainsi les droits régionaux des Nordiques) aiderait toutefois la chaîne sportive du Groupe TVA à négocier de meilleures redevances. Actuellement, TVA Sports a une redevance mensuelle d'environ 3$ par abonné, comparativement à 4$ pour RDS. Dans l'hypothèse où la redevance de TVA Sports serait la même que celle de RDS (ce qui est loin d'être certain, car les Nordiques à eux seuls ne permettraient vraisemblablement pas à TVA Sports de rejoindre RDS au niveau des cotes d'écoute), on parle d'environ 26,4 millions de plus par an pour TVA Sports. Bref, le plafond de revenus supplémentaires pour TVA Sports en raison des Nordiques est probablement autour de 25 millions par année.

Emprunter

Autre facteur à considérer: pour Québecor, le coût réel de ramener les Nordiques à Québec ne sera pas de 500 millions US. Comme toute acquisition, une équipe de la LNH se finance entre autres par endettement, souvent jusqu'à 50%. Selon ce scénario fictif, Québecor pourrait ainsi payer 250 millions US immédiatement, emprunter 250 millions US et déduire les intérêts du prêt chaque année. En pratique, l'équipe de hockey serait moins rentable (à cause des intérêts sur le prêt), mais Québecor pourrait continuer de profiter des avantages collatéraux pour Vidéotron et TVA Sports.

100 ou 51% des actions?

Si Québecor s'associe à des actionnaires minoritaires, l'entreprise pourra bénéficier des avantages pour TVA Sports et Vidéotron à un coût moindre en réalité. Des exemples: Bell et la Banque Nationale, deux actionnaires minoritaires du CH, ont les mêmes avantages d'utiliser l'équipe de hockey dans leurs campagnes de publicité, qu'ils soient actionnaires minoritaires ou qu'ils aient 100% des actions. Par contre, si Québecor a des actionnaires minoritaires, elle devra - pour être juste envers tous les actionnaires - mettre les droits régionaux des matchs aux enchères et permettre à RDS (la chaîne sportive de Bell) de miser contre TVA Sports.




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