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La tournée des investisseurs de Stingray

Eric Boyko, le grand patron de Stingray, garde de bons... (PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE)

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Eric Boyko, le grand patron de Stingray, garde de bons souvenirs de sa tournée des investisseurs.

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE

«Tu te sens un peu comme dans The Bachelor...» Quand il a décidé d'inscrire Stingray en Bourse, le président, chef de la direction et actionnaire Eric Boyko ne se doutait pas que sa vie ressemblerait, le temps de quelques semaines, à la célèbre téléréalité américaine.

À une différence près: l'homme d'affaires devait être sur le mode séduction auprès d'environ 120 investisseurs durant 11 jours. «Ça devient du speeddating », explique-t-il.

Eric Boyko garde de bons souvenirs de sa tournée des investisseurs (le «road show» comme on dit dans le jargon). Une «belle expérience», même si elle est répétitive. Le grand patron de Stingray a essentiellement prononcé le même discours lors de ses 68 rencontres en 11 jours. «Tu pars le disque chaque fois», dit-il. Il a utilisé les mêmes arguments, répondu souvent aux mêmes questions, détendu l'atmosphère avec les mêmes blagues. (Sa meilleure: quand on lui demandait s'il jouait de la musique, ce comptable de formation répondait: «Ce que j'aime le mieux dans la musique, c'est l'EBITDA! [le bénéfice avant impôts, intérêts et amortissement].»)

Une routine exténuante

La routine d'une tournée d'investisseurs est répétitive mais aussi exténuante - même pour un PDG de 45 ans qui s'entraîne tous les matins et qui traduit son titre de «CEO» par «chief energizing officer». Une journée typique commence dans le hall de l'hôtel entre 7h et 8h. Suivent une demi-douzaine de rencontres d'au moins une heure chacune au fil de la journée, un sandwich engouffré sur le coin d'une table sur l'heure du lunch, un trajet en voiture privée vers l'aéroport en fin de journée, un vol d'avion (la plupart du temps un vol commercial, mais parfois un avion privé pour gagner du temps) vers la prochaine destination, puis un souper et une arrivée tardive à l'hôtel.

Pendant ces trois semaines, oubliez vie familiale et loisirs. «J'ai dit à ma copine qu'on se verrait dans trois semaines. Ton IPO [entrée en Bourse], c'est ta vie», dit Eric Boyko, qui dit avoir pris 5 livres durant sa tournée. Il a bien tenté d'aller courir «un petit 10 km» le deuxième jour. Grave erreur. «Je n'ai pas eu le temps de boire de l'eau après à cause de l'horaire, dit-il. On faisait une présentation devant 40 personnes, j'étais déshydraté et je ne me sentais pas très bien.»

Eric Boyko a donc laissé ses espadrilles dans sa valise pour le reste de la tournée, mais la «liste des blessés» de Stingray s'est tout de même allongée: Jean-Pierre Trahan, le chef de la direction financière, a eu une extinction de voix après deux jours. Seul le troisième membre du trio, l'avocat Lloyd Feldman, a survécu à la tournée des investisseurs sans ennuis de santé. À bien y réfléchir, Eric Boyko se sentait davantage comme un joueur de la LNH qu'un candidat à The Bachelor. «Un roadshow, c'est comme les séries de la LNH», dit-il.

«J'aurais voulu arrêter après trois jours mais tu ne peux pas, c'est un manque de respect envers les investisseurs, dit Eric Boyko. On aurait pu faire juste quatre jours (deux à Toronto et deux à Montréal), on aurait eu la même demande, mais on a fait dix jours pour être prudent.» Stingray réservait au départ pour les investisseurs des actions d'une valeur totale de 120 millions de dollars, les banques responsables de l'émission ont reçu des commandes pour 1,1 milliard et ont ensuite partagé les actions disponibles (140 millions de dollars en raison de la forte demande) entre ces investisseurs. Ce ratio de presque 10 pour 1 doit être considéré comme «un coup de circuit» selon Louis Gendron, responsable du financement des sociétés à la Financière Banque Nationale, l'une des banques engagées par Stingray pour son premier appel public à l'épargne.

Malgré la fatigue, le grand patron de Stingray estime que les rencontres faites durant ce marathon lui seront fort précieuses à long terme. «L'entrée en Bourse, c'est une première étape, dit Eric Boyko. Si tu fais une grosse acquisition dans un an et que tu as besoin à nouveau de fonds, tu ne veux pas te faire dire non parce que tu ne les as pas rencontrés lors de ton entrée en Bourse.»

La tournée en chiffres : 

> 8 villes (Montréal, Toronto, New York, Boston, Winnipeg, Calgary, Edmonton, Vancouver)

> 120 investisseurs institutionnels

> 2 pays (le Canada et les États-Unis)

> 68 rencontres

> 11 jours

> 89% des actions vendues à des investisseurs du Canada durant la tournée (11% à des investisseurs des États-Unis)




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