Bombardier Transport a assuré hier que la poursuite de 12 millions de dollars récemment intentée contre elle par la Commission de transport de Toronto (CTT) n'entamerait pas «la relation de confiance» entre les deux parties.

Sylvain Larocque LA PRESSE

Dans une requête déposée devant la Cour supérieure de l'Ontario, la CTT prétend que les rivets du châssis de 372 voitures de métro entrées en service entre 1995 et 2001 rouillent et se fracturent anormalement. Selon la poursuite, obtenue par Radio-Canada, le problème se serait répandu à partir de mars 2011. Il obligerait la CTT à dépenser des «sommes substantielles» pour inspecter et réparer les voitures défectueuses.

«En aucun temps le public ou le personnel de la CTT n'ont été mis en danger, la CTT ayant effectué les travaux nécessaires pour faire en sorte que les voitures demeurent sûres, a fait savoir hier l'organisme dans une déclaration. La CTT soutient que Bombardier devrait l'indemniser pour ces travaux.»

La Commission de transport de Toronto allègue que les rivets contiennent beaucoup plus de magnésium que ce qui était prévu au contrat. C'est ce qui rendrait les pièces plus vulnérables à la corrosion.

La CTT affirme avoir avisé Bombardier du problème, mais l'entreprise ne l'aurait pas corrigé. L'organisme public précise que le problème risque de «réduire de façon marquée la durée de vie des voitures», qui ont été assemblées à l'usine de Bombardier à Thunder Bay, dans le nord de la province.

Bombardier répond

Marc Laforge, porte-parole de Bombardier Transport, n'a pas voulu commenter la poursuite hier. Il a toutefois indiqué que la garantie des voitures en cause a expiré en 2006 et qu'une entente a été conclue pour régler le problème de rivets lorsqu'il est apparu la première fois.

«Nous avons compensé la CTT et en 2007, nous avons signé un accord mutuel mentionnant que nous ne pouvions pas être poursuivis sur cette question-là, et ce, tant pour des problèmes connus qu'inconnus», a affirmé M. Laforge au cours d'un entretien téléphonique. Il n'a pas voulu divulguer le montant de l'indemnité versée à la CTT.

«Ils pensent avoir un recours, a-t-il ajouté. Nous ne jugeons pas de ça.»

Marc Laforge a souligné qu'en dépit du problème de rivets, la CTT a choisi Bombardier en 2006 pour construire les 420 voitures du métro, baptisées Toronto Rocket.

«La Commission de transport et Bombardier sont en mesure de faire la part des choses, a dit M. Laforge. Dans des relations commerciales, il arrive qu'on ait des différends. Dans 99,9% des cas, on s'entend avec nos clients. Parfois, il faut aller devant le tribunal. Ça va se régler un jour ou l'autre.»

Rappelons qu'au cours des dernières années, des voitures de Bombardier ont connu des problèmes aux États-Unis, en France et en Allemagne.

Le titre de Bombardier est resté stable hier à Toronto, terminant la semaine à 4,91$.