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Construction: syndicats et patrons amorcent un sprint de négos

Les syndicats avaient annoncé le 30 mai dernier qu'à... (Photo Patrick Sanfaçon, Archives La Presse)

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Les syndicats avaient annoncé le 30 mai dernier qu'à défaut d'entente, leurs membres déclencheraient une grève qui paralyserait les secteurs résidentiel, commercial et industriel, ainsi que celui du génie civil.

Photo Patrick Sanfaçon, Archives La Presse

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Alexandre Robillard
La Presse Canadienne
QUÉBEC

Les représentants syndicaux et patronaux du secteur de la construction amorceront un sprint de négociations, vendredi, alors qu'une menace de grève pourrait paralyser tous les chantiers du Québec dès lundi.

L'Alliance syndicale est venue à l'Assemblée nationale, jeudi, pour se plaindre de la lenteur des pourparlers avec l'Association de la construction du Québec (ACQ).

Le porte-parole de l'Alliance, Yves Ouellet, a déclaré lors d'une conférence de presse qu'aucun progrès n'a été constaté aux trois tables sectorielles où les syndicats et les patrons sont conviés dès vendredi.

«On est dans un cul-de-sac parce que les négociations sont comme arrêtées, ça n'avance plus, a-t-il dit. Une des raisons majeures, c'est que les parties patronales ne sont pas aux tables avec nous.»

L'Alliance syndicale dispose d'un mandat pour déclencher un débrayage dès le lundi 17 juin, tandis que l'ACQ a de son côté en poche un mandat de lock-out, à exercer si jamais les moyens de pression des travailleurs étaient jugés excessifs.

La négociatrice de l'ACQ, Lyne Marcoux, a affirmé que la partie patronale est prête à rencontrer les représentants syndicaux depuis septembre dernier, date prévue pour le début des pourparlers. Mme Marcoux a pointé vers la décision de l'Alliance d'annoncer son mandat de grève, vers la fin de mai, alors que les négociations devaient s'intensifier.

Selon Mme Marcoux, l'Alliance, qui regroupe cinq syndicats du secteur de la construction, a envoyé un mauvais signal en procédant ainsi alors que l'ACQ était disposée à discuter.

«On était prêt à négocier, vers le 30-31 mai, mais c'est le moment que l'Alliance a choisi pour annoncer la date où une grève pourrait être déclenchée», a-t-elle dit.

Le 30 mai, les syndicats avaient annoncé qu'à défaut d'entente, leurs 170 000 membres déclencheraient une grève qui paralyserait les secteurs résidentiel, commercial et industriel, ainsi que celui du génie civil.

M. Ouellet a déclaré jeudi que l'ACQ a intérêt à faire traîner les pourparlers puisqu'aucune rétroactivité n'est prévue si jamais il y a une entente avec les syndicats.

Le syndicaliste a expliqué que l'ACQ réclame des concessions inacceptables sur les horaires, sur le taux des heures supplémentaires ainsi que pour réduire les coûts lors d'une sixième journée de travail. Les travailleurs souhaitent obtenir des hausses salariales annuelles successives de 3 pour cent, 2,75 pour cent et 2,75 pour cent pour la durée de la prochaine convention collective.

Les représentants syndicaux, dont ceux de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) et du Conseil provincial (International), se sont présentés en point de presse munis de sacs de couchage pour illustrer leur disponibilité à négocier jour et nuit. M. Ouellet a affirmé que la dernière grève générale dans la construction remonte à 1976.

Malgré l'approche de l'échéance, Mme Marcoux a estimé qu'un règlement est toujours possible avec l'Alliance syndicale, au terme de pourparlers qui pourraient se prolonger au cours des prochains jours.

«Si on est dans une voie de règlement, ce sera intéressant de rester là. Si on voit que les parties sont dûment mandatées et ont les marges de manoeuvre pour arriver à un règlement, il y a tout intérêt à rester et à négocier», a-t-elle dit.

Outre ses fonctions de négociatrice, Mme Marcoux est aussi une militante de longue date au Parti québécois, qui a présidé de nombreux rassemblements militants au cours des dernières années.

En Chambre, la ministre du Travail, Agnès Maltais, a exprimé sa confiance envers le processus de négociation, en réponse à une question des libéraux qui demandent depuis plusieurs jours si le gouvernement est prêt à recourir à une loi spéciale.

«Depuis 1993, malgré qu'il y ait eu des conflits, une semaine, deux semaines de grève, jamais aucun gouvernement n'a déposé de loi spéciale, a-t-elle dit. Ça n'existe plus. On assoit les deux parties à la table et on les fait assumer leurs responsabilités. Leurs responsabilités, c'est de s'asseoir, de négocier et d'arriver à une entente.»

Alors que le Parlement s'apprête à ajourner ses travaux pour l'été, ce vendredi, la première ministre Pauline Marois a elle aussi affirmé qu'elle fait «confiance à ceux et celles qui sont à la table».

«Je suis certaine qu'elles pourront arriver, ces parties, à un accord qui satisfera l'une et l'autre des parties en cause», a-t-elle dit.




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