En plus de faire craindre une mainmise des entreprises étrangères sur le marché québécois, la commission Charbonneau a entraîné un autre effet dans l'industrie, selon ceux qui y travaillent: la «paranoïa des extras».

Mis à jour le 6 déc. 2012
Philippe Mercure LA PRESSE

Luc Martin est vice-président exécutif de la Corporation des entrepreneurs généraux du Québec, qui regroupe les entrepreneurs en bâtiment.

Or, en bâtiment, les entrepreneurs doivent souvent modifier leur plan de match, explique M. Martin. Le client qui voulait sa salle de conférence à tel endroit change d'idée. Ou alors les travailleurs frappent du roc dans le sol là où on ne s'attendait pas à en trouver, ce qui modifie les travaux.

«Ce sont des choses avec lesquelles on vit tous les jours, dit M. Martin. Quand les clients nous demandent des changements, nos membres les font. Le problème, maintenant, c'est qu'ils ne sont plus payés!»

Le financement

Selon lui, une «paranoïa de l'extra» s'est carrément installée dans l'industrie de la part des donneurs d'ordre publics.

«Les médias publient la liste des extras, alors personne ne veut voir son nom apparaître là, continue-t-il. Le résultat, c'est que les clients ne nous paient plus. Ils vont sûrement finir par nous payer plus tard, mais en attendant, on ne peut pas financier des millions de dollars de travaux, nous!»

M. Martin explique que les choses se déroulent bien avec les donneurs d'ordres publics qui ont l'habitude de lancer des chantiers, comme la Société immobilière du Québec.

«C'est différent avec ceux qui n'ont pas l'habitude des projets de construction. Les universités, par exemple», dit-il. Il mentionne aussi les municipalités dans la liste des institutions réfractaires à payer leurs extras.

«Actuellement, c'est bloqué, dit-il. C'est très, très, très long avant d'être payé.»