Loto-Québec, par sa filiale Casino Mundial, a allongé un nouveau prêt de 7,4 millions de dollars à l'exploitant de ses casinos en France. Ce financement additionnel survient moins d'un an après que la société d'État a dévalué la valeur de son investissement de 54,5 millions. Le monopole des jeux de hasard de la province s'entête à rester sur le Vieux Continent jusqu'à la revalorisation complète de son placement, prévue d'ici le 31 mars 2015.

André Dubuc LA PRESSE

Après avoir investi approximativement 85 millions en 2005 pour acquérir 35% du capital-actions de JoaGroupe, troisième exploitant français de casinos en importance avec 20 établissements dans l'Hexagone, Loto-Québec a vu son expérience européenne virer au cauchemar à compter de 2008. L'interdiction du tabac, le déclenchement de la récession mondiale et, puis, le 1er juillet dernier, la légalisation des jeux en ligne ont contribué au désastre. Les recettes ont dégringolé de 20% sur la période 2007-2009, rappelait le quotidien financier Les Échos, le 23 mars 2011.

Loto-Québec voulait se servir à l'étranger de son expertise pour compenser le ralentissement de sa croissance sur son territoire de monopole.

Pertes sur papier de 54,5 millions

En 2009-2010, Loto-Québec a dévalué son placement de 29,6 millions tout en renonçant aux intérêts qui lui étaient payables qu'en 2016, une bagatelle de 24,9 millions, pour un total de 54,5 millions.

En juin 2010, JoaGroupe a restructuré sa dette. Les échéances des prêts de Loto-Québec ont notamment été reportées de deux ans, jusqu'en avril 2018. «Cette restructuration a permis de reporter certaines échéances bancaires, de changer la priorité de remboursement de certains prêts en faveur des actionnaires et de diminuer la charge d'intérêts du groupe». En contrepartie, la filiale Casino Mundial a dû consentir un nouveau prêt de 7,4 millions à JoaGroupe», explique-t-on dans le rapport annuel. Cette somme servira à constituer un fonds de développement, créé à la demande des banquiers de Joa, pour financer des acquisitions futures.

Hormis ce nouveau prêt, les créances de Casino Mundial sont évaluées à 57,6 millions au 31 mars 2011, en hausse de 4,6 millions en un an. Elles constituent des prêts «subordonnés aux prêts seniors et aux liens». Si Joa devait déposer son bilan, Loto-Québec a peu de chances de récupérer son argent, faute de garanties.

Aujourd'hui, Loto-Québec clame que l'industrie s'est stabilisée. Toujours selon Les Échos, le milieu français du casino table sur le poker, l'animation des salons de jeux et un allègement de la fiscalité des jeux de table pour reprendre le chemin de la prospérité. «On est en France pour le long terme. Le pire de la crise est passé. La situation se rétablit graduellement. On est optimiste pour la suite des choses», assure Jean-Pierre Roy, porte-parole de Loto-Québec.