En plus nuire à la productivité des entreprises, les bouchons incessants sur de nombreuses artères de Montréal minent l'image de la métropole, dénonce le président de la Chambre de commerce.

Maxime Bergeron LA PRESSE

« On a de la grosse congestion, qui aurait pu être basée sur une croissance économique trop forte, mais qui est plutôt basée sur des travaux, des fermetures de rues, des renversements de sens uniques, et qui fait que les gens deviennent frustrés, lance Michel Leblanc. Ils ont l'impression que la ville ne va pas bien, et ce qui est malheureux, c'est que ce n'est pas vrai. »

M. Leblanc fait valoir que l'économie montréalaise est « très bonne » en comparaison de plusieurs autres métropoles nord-américaines. Les données de 2010 tendent à lui donner raison : le produit intérieur brut (PIB) a cru de presque 3 % dans la région métropolitaine, et le taux de chômage a baissé d'un demi-point, à 8 %.

Comme tous les représentants du milieu des affaires, le président de la Chambre réclame une meilleure planification des chantiers entre les différents paliers de gouvernement. Il dénonce aussi certaines initiatives locales, en particulier celle du maire de l'arrondissement du Plateau Mont-Royal, Luc Ferrandez.

Le mois dernier, l'élu de Projet Montréal a renversé le sens unique d'une partie de la rue Christophe-Colomb et transformé la rue Laurier en sens unique vers l'Est à partir du boulevard Saint-Laurent. Ces changements causent des bouchons monstres sur la rue Saint-Denis et dans plusieurs petites rues autrefois tranquilles du quartier, soulevant l'ire de nombreux citoyens et attisant l'agressivité des automobilistes.

« Finalement, ça s'apparente à une logique de quartier avec une clôture invisible où on ne veut pas que les gens passent, et ça s'apparente à une forme d'égoïsme urbain, lance M. Leblanc. J'habite sur le Plateau, et ma hantise, c'est que les automobilistes essaient de couper par les ruelles, et qu'un enfant sorte de derrière un hangar et se fasse frapper par un automobiliste frustré. »