Le Parti québécois veut connaître la rente annuelle que le PDG de la Société générale de financement (SGF), Pierre Shedleur, recevra à son départ. «On veut le savoir, car c'est une question de transparence. Après tout, c'est nous, les contribuables québécois, qui allons payer», explique Nicolas Marceau, porte-parole de l'opposition officielle en matière de finances publiques.

Publié le 4 déc. 2010
Paul Journet LA PRESSE

Le gouvernement explique qu'il ne détient pas cette information et que même s'il la détenait, il ne pourrait pas la révéler. «Cela contreviendrait à la loi, selon trois avis juridiques obtenus. Seul celui qui reçoit la rente peut en dévoiler le montant», dit Jolyane Pronovost, porte-parole du ministre du Développement économique, Clément Gignac.

Haut fonctionnaire de carrière

M. Shedleur travaille dans la haute fonction publique depuis 1980. Il préside la SGF depuis 2004. La loi 123, qui fusionnera la SGF avec Investissement Québec, doit bientôt être adoptée. Le futur président de la nouvelle entité n'est pas encore connu. M. Shedleur aimerait obtenir le poste. S'il n'est pas choisi et quitte la fonction publique, il touchera une rente annuelle, tel que le prévoient les normes de la Commission administrative des régimes de retraite et d'assurances (CARRA).

Selon les calculs du PQ, cette rente serait alors d'environ 200 000$ par année. La somme serait payée pour l'ensemble de sa carrière dans la fonction publique, et non pour son seul passage à la SGF. «L'important pour nous, ce n'est pas le montant, c'est le manque de transparence», précise M. Marceau.

Depuis 2000, la SGF a encaissé des pertes de 1 milliard$. La moitié de ces pertes ont été subies dans les deux dernières années. M. Shedleur a renoncé à sa prime de 31 000$ en 2009. Il a aussi refusé l'augmentation salariale de 11 000$ à laquelle il avait droit en 2010. Sa rémunération était donc de 362 138$.