Ils sont riches, ils sont discrets, ils aiment le sport et ils ne lésinent pas sur les moyens pour faire gagner des médailles olympiques à leurs protégés.

Mis à jour le 19 févr. 2010
Vincent Brousseau-Pouliot
Vincent Brousseau-Pouliot LA PRESSE

Ensemble, cette trentaine de donateurs fortunés forment B2Dix, une fondation sportive qui a amassé 3 millions de dollars en vue d'augmenter le nombre de médailles canadiennes aux Jeux de Vancouver. Hier, B2Dix a ajouté une troisième médaille à sa collection avec la victoire de la patineuse de vitesse Christine Nesbitt au 1000 mètres. Ses protégés Alexandre Bilodeau et Jennifer Heil sont aussi montés sur le podium à Vancouver.

> Notre journaliste sur Twitter : twitter.com/vincentbp«Jusqu'à il y a quelques mois, B2Dix, c'était juste un compte en banque», dit l'entraîneur canadien de ski acrobatique Dominick Gauthier, le créateur de B2Dix avec le financier montréalais John D. Miller.

L'idée de B2Dix remonte aux Jeux de Salt Lake City, en 2002. Mal préparée, la skieuse acrobatique Jennifer Heil avait pris la quatrième position. Dominick Gauthier a juré que ce serait la dernière fois que sa protégée raterait le podium en raison d'un manque de moyens financiers. Épaulée par plusieurs donateurs, Jennifer Heil a gagné l'or aux Jeux de Turin en 2006.

En prévision des Jeux de Vancouver, Dominick Gauthier et John D. Miller ont voulu répéter l'expérience à plus grande échelle. Ils ont identifié 24 athlètes d'élite et ont amassé 3 millions auprès d'une trentaine de donateurs comme Stephen Bronfman et la famille Desmarais (propriétaire de La Presse par l'entremise de Power Corporation du Canada).

La philosophie de B2Dix? Dépenser sans compter avec un seul objectif en tête: la victoire de ses protégés. Certains ont reçu des bobsleighs de l'équipe de Monaco. D'autres se sont entraînés avec l'ancien préparateur physique du Canadien de Montréal, Scott Livingston, engagé à temps plein par B2Dix. D'autres encore ont bénéficié des conseils des meilleurs psychologues sportifs, nutritionnistes et médecins au pays. «Notre philosophie, c'est de payer ce dont les athlètes ont besoin. Il ne faut pas que les besoins soient comblés à 95% mais à 100%», dit Dominick Gauthier.

Le fondateur de B2Dix se défend d'empiéter sur le rôle des fédérations sportives qui ont, elles, une obligation de transparence. «On ne prend la place de personne, mais si on peut faire la différence pour certains athlètes, tant mieux, dit Dominick Gauthier. On est un complément. Parfois, certains trucs ont besoin de se faire rapidement et nous n'avons de comptes à rendre à personne.»

Jusqu'à l'automne dernier, les donateurs de B2Dix recevaient un reçu d'impôt de Sports-Québec. Depuis novembre dernier, le concept de Dominick Gauthier et John D. Miller est devenu une fondation sportive accréditée. Géré sans frais d'administration, B2Dix émet maintenant ses propres reçus d'impôt.

Dominick Gauthier a des grandes ambitions pour B2Dix: il veut trouver 6 millions pour le prochain cycle olympique et mieux diviser la cagnotte entre les sports d'été et d'hiver. «Je vois encore plus grand que ça», dit John D. Miller, président du conseil d'administration de B2Dix.