Au Canada, l'industrie spatiale est ontarienne. Malgré la présence de quelques entreprises d'importance, comme MDA à Sainte-Anne-de-Bellevue, le Québec ne décolle pas.

Mis à jour le 15 févr. 2010
Marie Tison
Marie Tison LA PRESSE

Selon un rapport de l'Agence spatiale canadienne sur l'état du secteur spatial, plus de 4679 personnes travaillaient dans ce secteur en Ontario en 2008, soit 69% de l'ensemble des effectifs au Canada.

Le Québec, lui, ne comptait que 829 travailleurs, soit à peine 12% de l'ensemble des employés du secteur spatial canadien. Il s'agit d'un fort déclin par rapport au sommet de 2004. À l'époque, le Québec comptait 1477 travailleurs dans le secteur spatial.

Ces chiffres ne comprennent pas les employés de l'Agence spatiale à Saint-Hubert, au nombre de 600. Mais même si on ajoute ces employés, le Québec est encore loin derrière l'Ontario.

Le Québec a toutefois une mince consolation. En 2008, 72% de ses travailleurs du secteur spatial étaient des employés hautement qualifiés, soit des ingénieurs, des scientifiques et des techniciens. En Ontario, cette proportion n'était que de 39%.

Le Québec traîne cependant de la patte en ce qui a trait aux revenus de son secteur spatial. Ces revenus ont dégringolé de 64% entre 2004 et 2008 pour se fixer à 172 millions de dollars. Au cours de la même période, les revenus du secteur spatial ontarien ont grimpé de 38% pour atteindre 2 milliards de dollars. L'Ontario a ainsi généré 72,8% des revenus de l'ensemble du secteur spatial canadien en 2008, contre un maigre 6,2% pour le Québec.

Il y a un mince espoir pour le Québec: l'essentiel de la glissade s'est fait entre 2004 et 2007. Dans cet intervalle, les revenus ont rebondi de 40%.

Le président-directeur général de l'Association québécoise de l'aérospatiale, Jacques Saada, s'est montré philosophe face à la mince place du Québec dans le secteur spatial, rappelant que le Québec s'était construit principalement autour de l'aéronautique.

«Est-ce préoccupant? Non, a-t-il déclaré en entrevue avec La Presse Affaires. Est-ce une source d'exploration, une possibilité d'en faire plus? Bien sûr. Il y a probablement un potentiel, surtout si on parle de robotisation, comme c'est le cas. Nous avons des compétences qui peuvent être utilisées à cet égard.»

L'Agence spatiale canadienne a rédigé le rapport «État du secteur spatial canadien 2008» à partir d'un recensement réalisé auprès de 200 entreprises, organismes sans but lucratif, centres de recherche et universités.

Les données pour 2009 ne seront pas disponibles avant l'automne prochain.

Les exportations représentent maintenant 50% des revenus de l'ensemble du secteur spatial canadien. Les États-Unis constituent le principal client, avec 52% du marché.

Au Canada même, le secteur privé constitue le principal client du secteur spatial canadien, générant 81% de ses revenus intérieurs. On parle surtout de télécommunications par satellite.

L'impact des contrats accordés par l'Agence spatiale canadienne est donc un peu limité. Mais encore ici, le Québec traîne de la patte derrière l'Ontario.

Depuis la création de l'Agence, il y a une vingtaine d'années, le Québec n'a décroché que 28,7% des contrats qu'elle a accordés. C'est une proportion qui diminue d'année en année. Au 13 mars 2007, par exemple, cette proportion était de 30,1%.

L'Agence spatiale canadienne s'est donné des objectifs régionaux en fait d'attribution de contrats. Elle cherche ainsi à accorder 35% des contrats au Québec et 35% à l'Ontario. Le Québec est de plus en plus loin du compte. Quant à l'Ontario, il surpasse de plus en plus cet objectif. En effet, au 31 mars 2009, la province avait remporté 46,5% des contrats accordés depuis la création de l'Agence, une proportion en hausse d'année en année.