Jean Charest a donné le coup d'envoi mercredi soir à la «Rencontre économique 2010» pendant laquelle une centaine de «décideurs» tenteront de tracer le contour du Québec des 20 prochaines années.

LA PRESSE CANADIENNE

D'ici jeudi après-midi, les représentants syndicaux et du milieu des affaires discuteront des défis que posent entre autres le vieillissement de la population, le marché de l'emploi et la création de richesse.

Au cours d'une allocution au Centre des congrès de Lévis, le premier ministre a soumis deux questions auxquelles les participants devront tenter de répondre pendant les travaux.

«À court terme, quels gestes doivent être posés pour que le Québec profite pleinement de la reprise? Et à moyen terme, comment pouvons-nous placer le Québec sur la voie d'une prospérité durable pour les 10 ou 20 prochaines années?», a évoqué M. Charest, au cours d'un long discours qui comportait peu d'éléments inédits.

Même si des choix difficiles attendent les contribuables, il n'est pas question de précipiter les choses pour rétablir l'équilibre budgétaire, a fait comprendre le premier ministre.

«Des décisions qui ont pu entraîner des économies à court terme ont entraîné des problèmes graves à moyen terme», a dit M. Charest, en faisant allusion aux conséquences des mises à pied massives pour ramener le déficit à zéro, dans les années 1990, sur les services publics.

«Nous sommes ensemble pour éviter la répétition de ce scénario», a poursuivi le premier ministre.

La Rencontre économique du gouvernement Charest suscite des sentiments partagés chez les participants. Le président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Réjean Parent, ne cache pas son scepticisme quant à la valeur de l'exercice.

«On va peut-être être encore vivant en 2030 et il peut y avoir du bon. Mais en évacuant tout le débat sur les finances publiques, est-ce qu'on n'est pas en train de s'endormir?», a-t-il demandé.

Sa vis-à-vis de la CSN, Claudette Carbonneau, ne voit pas la chose du même oeil.

«Ce n'est jamais inutile de réunir des acteurs pour parler de développement économique. La crise a quand même été solide. On a beau dire que l'on a été moins frappé qu'ailleurs, il n'en demeure pas moins que le taux de chômage reste élevé et il y a encore des pertes d'emploi», a-t-elle dit.

Président de BMO Groupe financier Québec, Jacques Ménard croit, de son côté, que ce forum est nécessaire et permettra de dégager des voies porteuses d'avenir pour l'essor du Québec.

«C'est stimulant et nécessaire. Une société doit se donner une trajectoire, comme un individu ou une entreprise. Mais cette trajectoire dois se traduire par l'action. Il y aura des erreurs, des échecs mais l'inaction, l'attentisme ou la passivité, ne serviront pas le Québec», a souligné le banquier.

La Rencontre économique 2010 se déroule dans une enceinte bien gardée et la présence policière est fort visible. Une centaine de personnes manifestant bruyamment pour les droits sociaux ont été tenues en respect à l'extérieur du Centre des congrès.