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Des stations de ski au bas de la pente

La prévente d'abonnements est un indicateur important pour... (Photo: Bernard Brault, La Presse)

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La prévente d'abonnements est un indicateur important pour la saison qui s'annonce. À Bromont, elle accuse un retard de 20% par rapport à l'an dernier.

Photo: Bernard Brault, La Presse

Hélène Baril

(Montréal) À cause de la saison décevante qui vient de se terminer et du ralentissement économique qui hypothèque la prochaine, plusieurs stations de ski du Québec pourraient décider de mettre fin à leurs activités.

«C'est certain que des stations de ski vont se poser des questions», a indiqué hier le porte-parole de l'Association des stations de ski du Québec, Alex Boyer.

 

La plupart des centres de ski viennent de tirer un trait sur une saison décevante. Le bilan n'est pas encore définitif, mais on peut parler d'une baisse d'achalandage de 100 000 à 400 000 visiteurs, selon les stations, comparativement à l'an dernier, avance l'Association qui regroupe les 80 centres de ski en activité.

Les pentes n'ont pas manqué de neige, mais la météo n'a pas coopéré, surtout pendant les week-ends. Il a plu pendant le congé de Noël, la période la plus importante de l'année pour les centres de ski. Il a fait très froid pendant les mois de janvier et février, ce qui a découragé les skieurs. Et la semaine de relâche, l'autre moment fort de la saison, a été décevante.

«L'an dernier, nous avions eu la meilleure saison des 10 ou 15 dernières années et cette année, c'est la pire des 10 ou 15 dernières années», résume Charles Désourdy, le président de Ski Bromont.

Une mauvaise saison qui suit une bonne, ce n'est pas dramatique. Mais la prochaine saison pourrait aussi être difficile pour les centres de ski, qui craignent l'impact du ralentissement économique. La prévente des abonnements est un indicateur important pour la saison qui s'annonce. À Bromont, la prévente accuse un retard de 20% par rapport à l'an dernier.

L'industrie du ski est fragile et plusieurs stations sont déficitaires. En 2007-2008, une saison jugée excellente, les profits de l'ensemble des 80 stations du Québec ont totalisé un maigre 21 millions.

C'est très peu compte tenu des investissements qui s'imposent dans la grande majorité des centres de ski. L'industrie sait qu'elle doit investir une centaine de millions dans l'équipement d'enneigement artificiel et encore 100 millions dans le remplacement des remontées mécaniques, dont l'âge moyen, vénérable, est de 29 ans.

Aucun propriétaire de centre de ski ne gagne assez d'argent pour faire ces investissements, selon le porte-parole de leur association. Le programme d'aide mis sur pied par le gouvernement Charest l'an dernier, qui accorde un prêt couvrant 75% de la valeur de l'équipement remplacé sur une période de 15 ans, s'est avéré inutile. Aucun centre de ski ne peut en profiter.

La raison est simple, selon Alex Boyer. «Une remontée mécanique coûte 2 millions au minimum et encore, ce n'est pas un modèle débrayable. Le remboursement sur 15 ans représente des paiements de 150 000$ à 200 000$ par saison. C'est l'équivalent des profits annuels de beaucoup de stations, dans une bonne saison», explique-t-il.

Des discussions sont en cours avec le ministre des Finances et du Développement économique, Raymond Bachand, pour essayer d'améliorer le programme.

Le nombre de stations de ski au Québec est passé de 130 à 80 au cours des 20 dernières années. Il pourrait diminuer encore, compte tenu de la situation financière précaire de certaines stations et des perspectives d'avenir peu encourageantes.

L'industrie fait face à des défis de taille, dont le réchauffement climatique, qui rend l'enneigement artificiel indispensable et le vieillissement de la population, qui fera diminuer le nombre de skieurs actifs.

À lui seul, le facteur démographique sera responsable d'une diminution de 30% du nombre de skieurs d'ici 2015, selon une étude de la Chaire en tourisme de l'Université du Québec à Montréal.

C'est assez pour faire réfléchir plus d'un propriétaire de centre de ski qui doit décider s'il investit ou s'il ferme boutique.

 




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