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À qui appartiennent les moules?

Jean-François Rivest, fondateur de Voodoo Technologies... (Photo: Pierre McCann, La Presse)

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Jean-François Rivest, fondateur de Voodoo Technologies

Photo: Pierre McCann, La Presse

(Montréal) Pour fabriquer un kayak de rivière, il faut un moule. Et ces moules sont le nerf de la guerre dans une industrie aussi compétitive, où le design des meilleurs produits s'apparente parfois à de l'aéronautique.

«C'est de l'or pour un fabricant, explique Corran Addison, l'un des fondateurs de Voodoo Technologies.

«Dans chaque moule, il y a peut-être pour 1500$ d'aluminium, mais 30 000$ de recherche et développement. Et à partir de celui-ci, une compagnie peut fabriquer des bateaux à l'infini.»

 

Or quelques mois avant de déclarer faillite, Voodoo Technologies a transféré en Chine une trentaine de ces précieux moules.

D'une valeur totale de 300 000$ à un million de dollars, selon les estimations, ils ont ensuite été cédés à un manufacturier de Shanghai, Shutai Sports Goods, en échange de sommes dues.

Le responsable de ce déménagement chez Voodoo Technologies, Sylvain Gagné, a déclaré à La Presse avoir aussi envoyé l'an dernier en Chine «entre six et huit conteneurs remplis d'accessoires et de bateaux, dont 300 coques de kayaks» valant 500 dollars pièce.

Aujourd'hui, la Banque Nationale et la Banque de développement du Canada aimeraient mettre la main sur ces actifs afin de recouvrer une partie des sommes prêtées à Voodoo Technologies.

La Banque Nationale détenait une garantie de prêt sur «tous les actifs de la compagnie, ce qui inclut la marque de commerce, la technologie, les stocks et les comptes à recevoir», précise Richard Brouillette, agent de réalisation à la BN.

«Après vérification, nous nous sommes fait dire par (Shutai Sports Goods) que nous ne pouvions exercer nos droits en Chine et que ces moules ne faisaient plus partie du patrimoine de Voodoo Technologies», dit l'avocat de la BN, Me Alain Robichaud.

«Le dossier risque de se retrouver devant les tribunaux s'il n'y a pas d'entente. Mon client a perdu beaucoup de sous dans cette affaire.»

À qui appartient Riot?

La propriété de la marque Riot, reconnue dans son domaine comme un gage de performance et d'authenticité, est aussi entourée d'un certain flou.

«Ça fait l'objet d'une enquête qui est toujours en cours», précise Stéphane Lachance, l'un des syndics assigné au dossier Voodoo chez Demers Beaulne, de Montréal.

Chose certaine, «la marque de commerce n'appartenait pas à Voodoo Technologies», poursuit le syndic.

Combien vaut le nom Riot? Facilement un million, selon les documents de faillite de l'entreprise.

Le jour même où la faillite de Voodoo a été signifiée au syndic Demers Beaulne, une demande d'enregistrement pour l'utilisation du nom Riot Kayaks était déposée auprès d'Industrie Canada, à une adresse correspondant à un partenaire d'affaires de la dernière heure de Voodoo Technologies, Marc Pelland.

Le site web apps-riot.com, enregistré par le fondateur de Voodoo Jean-François Rivest et toujours en ligne, présente aussi le catalogue 2009 de l'entreprise.

Un détaillant comme la boutique Le Kaki, de Joliette, a tiré un trait sur la vingtaine d'embarcations fabriquées par Voodoo Technologies qu'il comptait recevoir avant le mois de mai.

«Je faisais affaire avec eux depuis 10 ans, mais leur représentant ne répond plus au téléphone», affirme le propriétaire du Kaki, Daniel Morin.

Mais un autre commerçant, Kayak Junky, de Mascouche, a affirmé à La Presse la semaine dernière qu'il aurait «d'ici trois jours en magasin» certaines embarcations 2009 dessinées par Riot et «qu'elles seraient garanties pendant 5 ans».

Pour Corran Addison, Voodoo n'était plus qu'une «coquille vide» recevant prêts et chèques.

«Jean-François Rivest (le président de Voodoo, ndlr) en a passé une vite à ses créanciers», écrit-il sur le forum spécialisé playak.com.

«Il a acquis Riot pour presque rien, libre de toute dette, et a laissé Voodoo faire banqueroute.»

Jean-François Rivest est rentré de Shanghai lundi soir vers minuit. Au moment de mettre sous presse, il rencontrait ses principaux créanciers dans l'espoir d'en arriver à une entente.

Avec son associé Marc Pelland, il s'est refusé à tout commentaire, «le dossier se trouvant pour l'instant entre les mains des avocats».

 




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