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Athènes revient frapper à la porte de ses créanciers

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Athènes n'a plus droit aux fonds prévus par le programme d'aide UE-FMI, qui lui a promis 240 milliards d'euros depuis 2010, tant que le gouvernement Syriza n'a pas engagé de réformes jugées suffisamment sérieuses par ses créanciers.

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Sophie MAKRIS
Agence France-Presse
ATHÈNES

Le premier ministre grec Alexis Tsipras a repris son bâton de pèlerin pour convaincre les Européens de desserrer les cordons de la bourse afin d'éviter un nouveau «thriller» financier pour la Grèce confrontée à des besoins pécuniaires pressants.

Malgré la fermeté affichée jeudi par le président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi, peu décidé à signer un chèque en blanc à Athènes sans avancées concrètes, M. Tsipras ne désespère pas de convaincre l'institution de Francfort de faire un geste.

Quitte à employer des mots forts: la BCE a le pouvoir d'«étrangler» la Grèce, a-t-il estimé dans un entretien avec l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, et si elle ne rétablit pas la pleine capacité de financement des banques grecques, «alors nous allons revenir au thriller d'avant le 20 février», date à laquelle son gouvernement s'est entendu avec ses partenaires européens, après d'âpres négociations, sur la poursuite du programme international d'aide à Athènes.

Les appréciations sur la situation financière de la Grèce confrontée à des obligations financières très lourdes en mars, à hauteur de six milliards d'euros, vont bon train. Le gouvernement a toujours affirmé qu'il serait en mesure de rembourser ses dettes alors que la presse fait état d'un manque de deux milliards d'euros dans les recettes de l'État.

Le vice-premier ministre Ioannis Dragasakis a estimé jeudi que «le problème de liquidité existait», mais n'était pas plus aigu qu'après les élections législatives de 2012, un des multiples épisodes des tensions financières qui se sont succédé pour la Grèce ces dernières années.

Vendredi, le pays a remboursé une tranche de prêt au FMI, soit 310 millions d'euros, selon une source du ministère des Finances.

Athènes n'a plus droit aux fonds prévus par le programme d'aide UE-FMI, qui lui a promis 240 milliards d'euros depuis 2010, tant que le gouvernement Syriza n'a pas engagé de réformes jugées suffisamment sérieuses par ses créanciers.

«Confiance altérée»

Les responsables grecs vont retourner plaider leur cause auprès de leurs partenaires la semaine prochaine: lundi à l'occasion d'une réunion des ministres de la zone euro à Bruxelles (Eurogroupe), mercredi à Paris où se rendront le ministre des Finances Yanis Varoufakis et le premier ministre Alexis Tsipras, lequel rencontrera le président du Parlement européen Martin Schulz vendredi à Bruxelles.

Alexis Tsipras a également sollicité un rendez-vous avec le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker.

«La confiance a été sévèrement altérée» entre Athènes et ses partenaires et «a besoin d'être rebâtie», a estimé vendredi une source européenne.

Le gouvernement grec espère persuader de sa crédibilité en présentant sept premières réformes concrétisant le catalogue d'engagements signé mi-février avec l'Europe: réactivation d'un conseil fiscal «indépendant» pour assister le gouvernement dans la réalisation de ses objectifs budgétaires, amélioration des méthodes de préparation du budget, constitution d'un nouveau corps de contrôleurs fiscaux, incitations au paiement des arriérés d'impôt, régulation des jeux de hasard sur internet, simplifications administratives facilitant la vie des entreprises et mesures pour régler la crise humanitaire.

«Il est très important que cet Eurogroupe soit un succès, nous y travaillons tous», a reconnu le gouverneur de la Banque de Grèce Yannis Stournaras à l'issue d'une rencontre avec M. Tsipras.

La BCE a suspendu en février l'un des deux canaux de financement des banques grecques auprès d'elle, en n'acceptant plus les obligations grecques comme garantie à ses prêts à ces banques. Elle les acceptait encore récemment, de manière dérogatoire puisque ces obligations n'ont pas la qualité normalement requise par la BCE.

Elles ne peuvent donc bénéficier actuellement auprès de la BCE que de liquidités d'urgence (ELA), à un taux supérieur à ceux des prêts normaux de la banque centrale.

Les dirigeants grecs auront fort à faire pour surmonter les réserves de leurs partenaires. Le gouvernement d'Alexis Tsipras «veut dépenser plus et, dans le même temps, les rentrées fiscales s'effondrent», a tancé le président du mécanisme européen MES, Klaus Regling, tandis que Martin Schulz a mis en garde, dans un entretien avec la télévision espagnole: «en Slovaquie, les pensions [de retraite] sont inférieures aux pensions grecques. Comment le premier ministre slovaque peut-il expliquer: ''je donne de l'argent pour que Tsipras augmente les pensions en Grèce?''.




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