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Le patron de HSBC contraint de s'expliquer sur son compte en Suisse

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Le directeur général de la banque HSBC, Stuart Gulliver.

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Patrice NOVOTNY, Frédéric POUCHOT
Agence France-Presse

Le directeur général de HSBC, Stuart Gulliver, a été contraint de s'expliquer lundi sur son compte en Suisse, nouvelle bourrasque dans la tempête du SwissLeaks qui malmène la banque britannique dont les profits ont baissé l'an passé sous le poids des amendes.

Le vent n'est pas retombé, deux semaines après le déclenchement de la tornade «SwissLeaks» - une enquête de plusieurs grands médias internationaux d'après laquelle quelque 180,6 milliards d'euros d'argent de riches individus des quatre coins de la planète ont transité sur des comptes de la banque en Suisse fin 2006 et début 2007 pour échapper à l'impôt.

L'exercice habituel de présentation des comptes annuels du groupe s'est transformé lundi en difficile séance d'explication pour M. Gulliver, pressé de questions par des journalistes sur le compte en Suisse qu'il a ouvert en 1998, et dont l'existence a été révélée dimanche par le quotidien The Guardian.

«Je paye des impôts britanniques sur l'ensemble de mes revenus mondiaux (...). Et je ne pense pas avoir affecté en aucune manière ma capacité» à diriger le groupe, a martelé M. Gulliver.

D'après le Guardian, ce compte abondé des primes perçues par M. Gulliver alors expatrié à Hong Kong était crédité de 7,6 millions de dollars (6,7 millions d'euros) en 2007. Le numéro un exécutif de la banque a refusé de dire s'il existait encore, mais a précisé que cette structure avait été mise en place à l'époque pour garantir la confidentialité de sa rémunération vis-à-vis de ses collègues hongkongais et suisses.

Reste que cette nouvelle révélation fait mauvais genre pour M. Gulliver, qui a multiplié les promesses de réforme et de bonne conduite depuis le début du SwissLeaks au nom d'HSBC, géant mondial basé dans le quartier d'affaires de Canary Wharf à Londres et qui fêtera ses 150 ans cette année avec ses 266.000 employés.

Ce scandale constitue le dernier écho en date, particulièrement bruyant, d'une série d'affaires qui contraint la première banque européenne à provisionner des milliards de dollars pour faire face à des amendes et réparations dans plusieurs pays, notamment au Royaume-Uni et aux États-Unis, en lien avec diverses affaires gênantes.

Combinées à de moindres rentrées de liquidités liées aux cessions d'actifs, par rapport à celles de 2013, ces procédures coûteuses ont provoqué une baisse de 15% du bénéfice net de HSBC en 2014, à 13,7 milliards de dollars (12 milliards d'euros).

Objectifs financiers réduits

Le groupe a consacré pas moins de neuf pages dans son communiqué de résultats annuels pour détailler les procédures judiciaires et réglementaires à son encontre, qui lui ont coûté au total 3,7 milliards de dollars en 2014.

Il a notamment provisionné plus d'un milliard de dollars pour anticiper des pénalités pour de mauvaises conduites sur le marché des changes et autant pour indemniser, entre autres, des clients britanniques lésés par des assurances de crédit immobilier défectueuses. Il a en outre prévu le règlement de 550 millions de dollars pour échapper à des poursuites aux États-Unis à propos de titrisation de crédits immobiliers pendant la dernière bulle spéculative.

Et HSBC a prévenu que ces ennuis n'étaient pas terminés: parmi la nuée de procédures en cours, il a cité des investigations dans de nombreux pays occidentaux à propos de distorsions des taux interbancaires de référence Libor et Euribor, évoquant «des amendes et/ou pénalités, qui pourraient être importantes».

Au-delà de ces enquêtes qui entachent sa réputation, HSBC a prévenu que son activité risquait de pâtir cette année d'«un large éventail d'incertitudes et de défis» pesant sur l'économie mondiale, après avoir vu son chiffre d'affaires s'effriter de 5,3% en 2014, à 61,2 milliards de dollars (53,8 milliards d'euros).

Parmi les facteurs perturbants pour 2015, il a cité entre autres «la résultante des tensions géopolitiques, les incertitudes à propos de la zone euro, les changements politiques (avec notamment des élections prévues en Grande-Bretagne, NDLR) et l'efficacité des politiques non conventionnelles des banques centrales».

Évoquant les «changements» en cours dans l'environnement des affaires, y compris sur le plan des obligations capitalistiques des banques, HSBC a abaissé ses objectifs financiers à moyen terme: il ne s'attend désormais plus qu'à un rendement des capitaux propres «supérieur à 10%» contre «compris entre 12 et 15%» jusqu'à présent.

Le titre HSBC chutait en milieu de matinée après ces annonces, perdant 5,57% à 571,50 pence, dans un marché quasiment stable.




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