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Les dirigeants grecs partent compter leurs alliés en Europe

Le premier ministre Alexis Tsipras a demandé samedi... (PHOTO ARIS MESSINIS, AFP)

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Le premier ministre Alexis Tsipras a demandé samedi dans un communiqué transmis par son bureau «du temps pour respirer», et a assuré «ne pas chercher le conflit».

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Aurélia END
Agence France-Presse
ATHÈNES

Les dirigeants grecs doivent entamer dimanche une tournée européenne destinée à rallier le plus possible de pays contre les politiques d'austérité, face à une Allemagne toujours aussi intransigeante et après avoir joué l'apaisement.

Le premier ministre Alexis Tsipras a demandé samedi dans un communiqué transmis par son bureau «du temps pour respirer», et a assuré «ne pas chercher le conflit».

Comme il l'avait dit pendant sa campagne, le chef du parti de gauche radicale Syriza a promis de ne prendre aucune décision «unilatérale» concernant le sujet très épineux de la dette de son pays.

«Irresponsable»? 

Dans une interview parue dans la matinée, la chancelière Angela Merkel lui a à nouveau signifié son refus de tout «effacement», même partiel, de la dette grecque, détenue pour l'essentiel par les États européens. Le président du Parlement européen, l'Allemand Martin Schulz, a même qualifié l'attitude du gouvernement grec d'«irresponsable».

C'est contre cette ligne dure incarnée par Berlin que le parti antilibéral espagnol a mobilisé samedi à Madrid des dizaines de milliers de partisans, galvanisés par la victoire électorale de leur allié Syriza.

Pendant ce temps à Athènes, le bouillant ministre des Finances Yanis Varoufakis a tenté d'éteindre l'incendie qu'il avait allumé vendredi en rompant sèchement avec la «troïka». Cette délégation d'experts du FMI, de la BCE (Banque centrale européenne) et de l'Union européenne valide le versement des aides à la Grèce en évaluant sa politique économique et budgétaire.

Dans un entretien à paraître dimanche dans le magazine To Vima, M. Varoufakis adoucit son propos et dit ne pas vouloir «faire perdre son temps à la troïka, parce qu'elle n'est pas habilitée à discuter du fond et de la logique» du dispositif d'aide de 240 milliards d'euros mis en place à partir de 2010 pour la Grèce.

Or, c'est cette «logique» que la Grèce veut revoir par un «New deal» européen, en commençant par effacer une partie au moins de sa dette de 315 milliards d'euros, l'équivalent de 175% de son produit intérieur brut.

La banque Lazard recrutée 

Athènes prendra pour ce faire conseil auprès de la société franco-américaine Lazard, dont le vice-président pour l'Europe Matthieu Pigasse a plaidé publiquement vendredi en faveur d'un effacement de 100 milliards d'euros de cette dette.

C'est pour défendre aussi un vaste programme de relance (réembauche de fonctionnaires, hausse du salaire minimum, aide aux ménages pauvres) et la fin des privatisations, dont celle de l'emblématique port du Pirée, que MM. Tsipras et Varoufakis entament une tournée dans les capitales européennes.

Le ministre des Finances part dès samedi pour Paris.

Il rencontrera dimanche à 17h00 son homologue Michel Sapin, qui a déjà dit son intention de jouer les «traits d'union» entre la Grèce et l'Allemagne, puis le ministre de l'Economie Emmanuel Macron. Il verra ensuite ses homologues britannique George Osborne à Londres lundi, et italien Pier-Carlo Padoan à Rome mardi.

M. Tsipras commencera, quant à lui, dimanche par Chypre. Il ira ensuite lui aussi à Rome mardi, et à Paris mercredi.

Pour l'instant, les ministres grecs n'ont pas prévu de se rendre à Berlin, et le dialogue de sourds se poursuit donc par voie de presse.

Le ministre des Finances Wolfgang Schäuble a assuré dans une interview samedi : «Si j'étais un homme politique grec responsable, je ne mènerais pas de débats sur un allègement de la dette».

Le camp de la rigueur donne de la voix 

L'Allemagne n'est pas seule: le premier ministre portugais Pedro Passos Coelho a refusé toute «conférence qui serait proposée afin d'annuler ou de restructurer la dette».

À Berlin, on croit savoir que les pays baltes sont eux aussi partisans de la fermeté à l'égard de la Grèce.

Ce camp de la rigueur a reçu samedi le soutien du gouverneur de la Banque centrale de Finlande Erkki Liikanen, membre de la direction de la BCE.

Il a rappelé samedi que le plan d'aide à la Grèce «arrivait à échéance à la fin février, par conséquent une solution doit être trouvée, sinon nous ne pourrons continuer à prêter».

À cette date, le plan prévoit le versement de 7,2 milliards d'euros, si Athènes a rempli ses engagements.

Mais elle ne fait rien en ce sens. Ainsi samedi soir le ministre de l'Économie George Stathakis a annoncé une loi instaurant «un allègement radical» de la dette des Grecs pauvres ne pouvant rembourser leurs emprunts bancaires, «avec de robustes critères sociaux».

Or la Grèce ne semble guère pouvoir se permettre d'être lâchée par la BCE, qui soutient ses fragiles banques, elles-mêmes seule source de financement de l'État grec.




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