La Chine baisse ses taux, les marchés applaudissent

La mesure a électrisé les Bourses mondiales, déjà... (Photo Tyrone Siu, Archives Reuters)

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La mesure a électrisé les Bourses mondiales, déjà bien disposées après que la Banque centrale européenne eut annoncé être prête à étendre son soutien à l'économie si cela s'avérait nécessaire.

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Neil CONNOR
Agence France-Presse
PÉKIN

La banque centrale chinoise a annoncé vendredi une baisse de ses taux d'intérêt, une mesure inédite depuis 2012 qui doit permettre de revigorer la deuxième économie mondiale et qui a galvanisé les marchés mondiaux.

Cette baisse des taux de référence sur les dépôts et les emprunts à un an, respectivement de 0,25 et 0,40 point de pourcentage, sera effective à compter de samedi, a précisé la Banque populaire de Chine (PBOC, banque centrale) sur son site internet.

Il s'agit de la première baisse des taux d'intérêt en Chine depuis juin 2012.

Décidée en réaction au ralentissement de la croissance et aux risques déflationnistes, la mesure verra le taux de dépôt à un an ramené à 2,75% et celui de la rémunération de l'épargne à 5,6%, selon la banque centrale.

La mesure a électrisé les Bourses mondiales, déjà bien disposées après que la Banque centrale européenne eut annoncé être prête à étendre son soutien à l'économie si cela s'avérait nécessaire.

Les principaux indices européens ont fini largement en hausse (Paris +2,67%, Francfort +2,62%, Londres +1,08%, Milan +3,88%)étaient largement en hausse et Wall Street progressait vers 17H00 GMT (Dow Jones +0,64%).

La décision de la Chine «met en lumière les inquiétudes des autorités concernant l'économie du pays». «C'est également un signal fort car Pékin s'est toujours opposé aux interventions sur les taux pour éviter une bulle» immobilière, a commenté un analyste de Saxo Banque Andrea Tueni.

À Wall Street, les indices new-yorkais «se dirigent vers de nouveaux plus hauts en clôture», grâce aux décisions de la Chine et de la BCE, ont pronostiqué les experts de Charles Schwab.

Finance de l'ombre 

En Chine, les analystes s'attendaient à ce que les autorités prennent des mesures pour soutenir l'économie, et diverses pistes étaient envisagées. L'annonce vendredi soir de cette baisse des taux n'en constitue pas moins une surprise.

Cette baisse du taux directeur «va surtout bénéficier aux plus grosses entreprises, qui sont typiquement des sociétés d'État qui se financent auprès des banques», a commenté Mark Williams, économiste en chef chez Capital Economics.

Selon lui, la baisse ne se traduira donc pas nécessairement par une relance de la croissance, les plus petites entreprises continuant à emprunter chèrement auprès de la «finance de l'ombre».

«Nous estimons que l'impact sur l'économie réelle sera très limité», a confirmé à l'AFP Li-Gang Liu économiste basé à Hong Kong pour la banque australienne ANZ.

«Leur geste s'explique sans doute du fait qu'ils sont sous forte pression pour assouplir davantage la politique monétaire», a-t-il ajouté.

Pour Hu Xingdou, économiste à l'Institut de technologie de Pékin, cette baisse surprise «montre que les conditions économiques de la Chine ne sont pas très bonnes».

Mais «la baisse des taux d'intérêt pourrait favoriser la mobilité et encourager la croissance économique», a-t-il poursuivi.

Sur juillet-septembre 2014, la progression du produit intérieur brut (PIB) chinois s'est établie à 7,3%, son plus bas niveau depuis le premier trimestre 2009, lestée notamment par le ralentissement immobilier.

Nombre d'analystes prévoient pour 2014 une croissance chinoise de 7,3% (contre 7,7% en 2013), soit la plus faible performance du pays depuis près d'un quart de siècle.

«Nous estimons que la croissance (en Chine) reste confrontée à d'importantes pressions négatives, nécessitant la mise en place de davantage de mesures monétaires et fiscales» avait enfin estimé jeudi Qu Hongbin, économiste chez HSBC, en commentant les derniers chiffres moroses sur la production manufacturière chinoise.

La banque centrale chinoise a par ailleurs indiqué vendredi qu'elle continuerait, si nécessaire, à injecter des liquidités dans le système bancaire.

Il y a deux semaines, en accueillant à Pékin les dirigeants de l'Asie-Pacifique au forum de l'Apec, le président chinois Xi Jinping s'était voulu rassurant sur la santé de la Chine, en insistant sur la nécessité pour le pays de rééquilibrer son modèle économique.

«Certains se demandent si le taux de croissance de la Chine va continuer à s'éroder et si elle va réussir à se sortir de ses difficultés. Il existe en effet des risques, mais ils ne sont pas si effrayants que cela», avait alors affirmé le numéro un chinois.




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