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La Banque du Japon maintient sa souplesse monétaire

Shinzo Abe... (PHOTO DENIS BALIBOUSE, REUTERS)

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Shinzo Abe

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Karyn Poupée
Agence France-Presse
Tokyo

La Banque du Japon a maintenu mercredi inchangée sa politique monétaire ultra-souple, une des trois flèches de la stratégie économique du premier ministre Shinzo Abe, le «Monsieur antidéflation» attendu à Davos.

Selon un communiqué diffusé après une réunion de deux jours de son comité de politique monétaire, l'institut d'émission va poursuivre son objectif de doublement de la base monétaire et d'élever l'inflation à 2% à l'horizon 2015-2016.

La banque centrale a conservé quasi-intactes ses prévisions de croissance et d'inflation pour l'année budgétaire en cours et les deux suivantes.

«L'économie du Japon continue de se reprendre à un rythme modéré», souligne l'institution, ajoutant qu'un surcroît de demande est observé avant la hausse de la taxe sur la consommation, équivalent de la TVA française qui passera de 5% à 8% le 1er avril prochain.

La BoJ estime toujours que le produit intérieur brut (PIB) de l'archipel s'élèvera de 2,7% durant l'année qui s'achèvera le 31 mars.

Pour la suivante (avril 2014 à mars 2015), la croissance devrait être de 1,4% (de 0,1 point inférieure à la prévision d'octobre dernier) et de 1,5% en 2015-2016 (prévision inchangée).

L'inflation devrait être de 1,3% en 2014-2015 puis de 1,9% en 2015-2016, hors effet de hausse de la taxe sur la consommation.

Ces prévisions sont fondées sur la poursuite de la politique monétaire actuelle ultra-accommodante, un assouplissement quantitatif et qualitatif que la banque dit «s'engager à perpétuer autant que nécessaire dans le but d'atteindre l'objectif de 2% d'inflation d'un an sur l'autre».

Le comité de politique monétaire insiste une fois de plus sur le fait que son action vise à «entraîner une évolution positive des marchés et de l'économie réelle, ainsi qu'une anticipation de hausse des prix, afin de débarrasser le Japon d'une déflation qui dure depuis une quinzaine d'années».

Dans ce but, la BoJ va continuer de racheter des actifs pour élever la base monétaire. Elle va notamment élever son stock d'obligations d'État de 50 000 milliards de yens par an (525 milliards de dollars CAN).

Abenomics trois flèches + deux inconnues

Cette souplesse monétaire est une des trois «flèches» de la stratégie économique du premier ministre de droite Shinzo Abe, au côté de largesses budgétaires et d'un paquet de réformes structurelles qui restent à mettre en oeuvre.

Cet ensemble est connu sous le vocable «Abenomics» que M. Abe présente mercredi au Forum économique mondial de Davos (Suisse).

Tout volontariste qu'il soit, le chef du gouvernement ne maîtrise cependant pas seul tous les leviers.

Les patrons et consommateurs peuvent se montrer plus retors que le gouverneur de la banque du Japon choisi par M. Abe, Haruhiko Kuroda, attendu lui aussi à Davos en fin de semaine, où il «espère avoir des échanges de vues sur les politiques monétaires non conventionnelles», a-t-il déclaré à la presse avant son départ.

M. Abe parie sur une augmentation des salaires, cruciale pour créer un cercle vertueux. La fédération patronale Keidanren a certes indiqué pour la première fois en six ans que cette requête pouvait se justifier pour les entreprises en bonne santé, mais les laisse libres d'en décider... ou non.

«Une hausse des rémunérations est nécessaire pour atteindre l'objectif d'inflation (de 2%)», a insisté mercredi M. Kuroda pour qui l'indice des prix est sur la voie espérée par l'institut.

Quoi qu'il en soit, les patrons demandent en échange des baisses d'impôts et beaucoup risquent en outre d'attendre de voir comment se traduit la hausse de la taxe sur la consommation avant d'engager des frais supplémentaires.

L'autre inconnue est du côté des clients: comment vont-ils digérer cette augmentation de taxe et l'inflation attendues qui vont rejaillir sur tous leurs achats ?

Pour M. Kuroda, ce changement ne devrait pas être un frein à la croissance.

Comme le soulignent cependant les analystes, le plan «Abenomics» ne fonctionnera que si sont élevés le pouvoir d'achat des consommateurs et les capacités réelles d'investissement des entreprises.




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