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Chine: la croissance ralentit toujours, selon les analystes

La Chine a connu l'an dernier sa croissance... (Photo: AFP)

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La Chine a connu l'an dernier sa croissance la plus faible en 13 ans, à 7,8%, en raison d'une faiblesse de la demande à la fois externe et interne.

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Boris CAMBRELENG
Agence France-Presse
Pekin

La croissance dans la deuxième économie mondiale continue à ralentir, ont estimé lundi les analystes après l'annonce par Pékin d'un tassement de la progression des investissements au mois d'avril, et ce en dépit d'un léger rebond de la production industrielle et des ventes de détail.

La production industrielle a augmenté en avril de 9,3% sur un an, contre 8,9% en mars, a annoncé lundi le Bureau national des Statistiques (BNS).

Pour l'ensemble du premier trimestre, la hausse avait atteint 9,5% en rythme annuel.

L'accélération du mois d'avril contraste avec la moindre expansion de la production manufacturière annoncée début mai par une organisation proche du gouvernement.

Le rebond de la production industrielle le mois dernier s'accompagne d'une légère accélération de la progression des ventes de détail, qui ont augmenté de 12,8% en rythme annuel en avril, contre 12,6% en mars, a aussi indiqué le BNS.

«Ce n'est pas le début d'une reprise, mais seulement un tout petit frémissement, alors que la dynamique (de croissance) s'affaiblit», ont réagi Ren Xianfang et Alistair Thornton, économistes basés à Pékin du cabinet IHS Global Insight.

Ils en veulent pour preuve la plus faible progression en avril des investissements en capital fixe, l'un des principaux moteurs de l'économie chinoise. Sur les quatre premiers mois de l'année, ces investissements ont crû de 20,6% en rythme annuel, soit un peu moins vite qu'au cours des trois premiers (20,9%).

«L'investissement a ralenti malgré un rebond de la construction de logements. Cela reflète principalement une faiblesse du secteur manufacturier et des projets d'infrastructures», selon IHS.

La mollesse de l'investissement dans l'industrie manufacturière est «due à une faible rentabilité et à des capacités excédentaires dans plusieurs secteurs», relève de son côté Louis Kuijs, analyste de la Royal Bank of Scotland basé à Hong Kong.

La Chine a connu l'an dernier sa croissance la plus faible en 13 ans, à 7,8%, en raison d'une faiblesse de la demande à la fois externe et interne.

Grâce à des mesures de relance de Pékin, la hausse du Produit intérieur brut (PIB) avait entamé un rebond à 7,9% au quatrième trimestre 2012, mais il a été de courte durée, le PIB n'ayant progressé que de 7,7% au dernier trimestre, malgré une très forte expansion du crédit.

Les chiffres pour le mois d'avril «confirment un rebond modéré de la demande intérieure et de l'activité économique», selon Lu Ting, économiste pour Bank of America - Merrill Lynch, qui relève toutefois que «la demande externe reste assez faible».

Zhang Zhiwei, économiste chez Nomura basé à Hong Kong, juge pour sa part que «les chiffres de la production industrielle et des investissements en capital fixe sont plutôt faibles» vu que le mois d'avril comptait cette année deux jours ouvrés de plus que l'an dernier.

Il s'attend aussi à ce que Pékin restreigne dans un proche avenir l'octroi de nouveaux crédits, qui ont baissé en avril après avoir atteint un niveau très élevé en mars. Un tel resserrement aurait un impact négatif sur la croissance, souligne M. Zhang.

La banque Nomura prédit un ralentissement de la croissance à 7,5% au deuxième trimestre et à 7,3% pour la deuxième moitié de l'année. Le gouvernement a fixé un objectif de 7,5% de hausse du PIB pour l'ensemble de l'année qui pourrait alors - ce serait une première - ne pas être atteint.

IHS Global Insight critique pour sa part l'inefficacité des mesures de relance et appelle les nouveaux dirigeants chinois à traduire dans les faits leurs promesses de réforme.

«Nous ne pensons pas que les chiffres d'avril représentent une reprise substantielle de l'activité, ni que la forte hausse du crédit depuis le début de l'année entraînera un rebond décalé de la croissance plus tard dans l'année», selon Alistair Thornton et Ren Xianfang.

IHS reste néanmoins «confiant que le gouvernement pourra amener une croissance supérieure à 7,5% cette année».

Le Fonds monétaire international (FMI) avait abaissé le mois dernier sa prévision de croissance pour la Chine en 2013 de 8,2% à 8%.

Alors que les PME chinoises peinent toujours à se financer auprès des banques, l'agence Moody's a pour sa part mis en garde lundi contre les risques liés au secteur financier informel en Chine, dont elle estime le montant total des prêts, en rapide expansion, à 39% du PIB chinois fin 2012, soit quelque 21 000 milliards de yuans (2600 milliards d'euros).




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