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Vladimir Poutine face à une économie en panne

Le président russe Vladimir Poutine.... (Photo: AFP)

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Le président russe Vladimir Poutine.

Photo: AFP

Germaine Moyon
Agence France-Presse
Moscou

Économie en plein rebond, chômage au plus bas: quand Vladimir Poutine retrouve le Kremlin le 7 mai 2012, les voyants semblent au vert. Un an plus tard, le président se trouve pressé d'agir pour relancer une croissance en panne, qui menace une popularité déjà écornée.

Le tableau s'est tellement assombri que les observateurs les plus pessimistes craignent un retour du scénario de 2008-2009, quand crise mondiale et chute des cours du pétrole avaient entraîné la Russie en plein marasme.

La croissance, déjà réduite à 3,4% en 2012, a calé au début de l'année et n'a atteint au premier trimestre 1,1% en glissement annuel que grâce à une reprise inespérée en mars.

La production industrielle s'est contractée pour la première fois depuis 2009. La consommation, soutenue par un chômage historiquement faible sous les 6%, a subi un coup de frein.

Le gouvernement a récemment réduit sa prévision de croissance pour 2013 de 3,6% à 2,4%. A ce rythme, l'économie russe reste bien loin des 7% à 8% de croissance par an qu'elle connaissait lors des deux premiers mandats de Vladimir Poutine (2000-2008).

Cette performance est d'autant plus décevante que Vladimir Poutine est revenu au Kremlin avec une ambition de plus de 5% de croissance annuelle à long terme.

De l'avis même du numéro deux du gouvernement Igor Chouvalov, le rythme actuel ne suffit plus pour moderniser le pays.

«L'économie est en récession. Les promesses sociales sont menacées. (...) La Russie continue de devenir de moins en moins compétitive», a jugé sur son blogue le milliardaire Mikhaïl Prokhorov, arrivé troisième à l'élection présidentielle.

«C'est une année perdue. Il n'y a aucun mouvement, aucune clarté sur la direction à prendre, aucun plan d'action», critique de son côté Nikolaï Petrov, politologue au centre Carnegie.

Le pouvoir met en cause la crise qui continue d'affecter la zone euro, où se trouvent ses principaux partenaires commerciaux. Il accuse également le niveau élevé des taux intérêts, imposés par la banque centrale et les établissements financiers, de brider l'activité.

Mais dans les milieux économiques et financiers, on s'inquiète surtout d'un environnement peu propice aux affaires, plombé par la corruption et la bureaucratie et très dépendant des aléas des cours des hydrocarbures.

Les investisseurs ont aussi été déroutés par une politique économique qui a alterné signaux de libéralisation (intégration à l'Organisation mondiale du commerce, privatisations) et décisions dirigistes, avec notamment l'engloutissement du pétrolier TNK-BP par le géant public Rosneft.

La réforme des retraites promise tarde en outre à être présentée, le gouvernement tergiversant sur la formule à adopter.

«Poutine temporise à cause de la conjoncture mondiale et parce qu'il ne veut pas prendre de mesures impopulaires. Mais plus il attend, plus elles seront difficiles à adopter», estime Nikolaï Petrov.

«Et maintenant, une crise économique longue et difficile approche. Quand la population en ressentira les effets, il y aura des manifestations massives», prédit l'expert.

Vladimir Poutine a demandé au gouvernement et à son administration de lui proposer des mesures de relance d'ici au 15 mai, insistant sur les investissements dans les infrastructures.

Pour l'économiste Ivan Tchakarov, de Renaissance Capital, faute de marge de manoeuvre budgétaire, le pouvoir compte d'abord sur une baisse des taux d'intérêt pour encourager l'activité et sur les grandes entreprises du pays pour accélérer leurs investissements.

«On peut espérer des résultats d'ici la fin de l'année. Mais il n'y a pas de formule magique: en fin de compte, ce dont la Russie a besoin, c'est de s'attaquer à la bureaucratie, au cadre institutionnel, à la corruption, à la productivité», prévient-il.

Et même si ces points s'améliorent, la Russie ne peut plus guère compter que sur une croissance maximale de 4% à 4,5%, selon l'économiste.

Pour Julia Tsepliaeva, de BNP Paribas, le président continue d'appliquer le même modèle: «on choisit des champions de la croissance et on leur donne des fonds publics». «Bien sûr, cela a un effet, mais de courte durée», juge-t-elle




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