Les réformes de la zone euro actuellement en discussion pourront mener un jour à la création d'un ministère européen des Finances, a estimé lundi Jürgen Stark, l'économiste en chef de la Banque centrale européenne (BCE), lors d'une audition devant le Parlement européen.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Un futur «office européen du budget», une entité «indépendante avec un mandat précis et un cadre institutionnel fort» pourrait «potentiellement former l'embryon de ce qui pourra devenir avec le temps et par étapes un ministère européen des Finances», a estimé M. Stark.

«Des institutions fortes et indépendantes au niveau de la zone euro et au niveau national encouragent la transparence et augmentent la pression pour mener des politiques appropriées et pour contrecarrer d'éventuelles tendances à la négligence des règles budgétaires par un État», a-t-il martelé.

«Nous avons besoin d'une véritable union économique» et d'un «vaste changement» des traités existants, a-t-il encore déclaré.

La future gouvernance de la zone euro devrait être l'un des grands thèmes du prochain sommet européen à Bruxelles dimanche, en même temps que des problèmes devant être réglés d'urgence, comme la crise de la dette publique et la recapitalisation des banques européennes.

À l'avenir, les États de la zone euro ne respectant pas les limites du déficit budgétaire - limites qui devront être gravées dans leurs Constitutions respectives comme en Allemagne, a-t-il souligné - et sollicitant l'aide du futur mécanisme européen de stabilité (MES) devront être placés «sous tutelle financière», a-t-il estimé.

Par ailleurs il a regretté la «lenteur» de la mise en application des décisions prises par les dirigeants européens le 21 juillet, ce qui a eu pour effet de renforcer les incertitudes des marchés selon lui, et a estimé que la recapitalisation des banques américaines pendant la crise financière avait été «plus convaincante».

«Nous avons déjà mené deux tests de résistance (des banques) en Europe, or les marchés n'ont toujours pas trouvé cela très convaincant», a-t-il dit en guise d'illustration.

Jürgen Stark, avait démissionné de son poste, à la surprise générale, le 9 septembre, faisant éclater au grand jour les dissensions au sein de l'institution sur la gestion de la crise de la dette.

Interrogé par une parlementaire sur les motifs de sa démission, il a répondu avoir pris cette décision pour des raisons personnelles, et qu'il en détaillera les raisons une fois son départ effectif.

L'Allemand Jörg Asmussen devrait le remplacer au poste de chef économiste de la BCE.