La Commission européenne a jugé mercredi «incompréhensible» et «contestable» la décision de l'agence Moody's d'abaisser la note de la dette de l'Irlande, reléguée au rang d'investissement «spéculatif», car le pays est «sur la bonne voie» pour redresser ses finances.

Publié le 13 juill. 2011
AGENCE FRANCE-PRESSE

«Notre réaction est que cette notation, à ce moment précis, est incompréhensible» et «à tout le moins contestable», a déclaré la porte-parole de l'exécutif européen, Pia Ahrenkilde, lors d'une conférence de presse.

«L'Irlande est sur la bonne voie» pour redresser ses finances publiques et réformer son système bancaire, a-t-elle assuré, même si «beaucoup d'efforts restent à faire» et que Dublin «ne peut se reposer sur ses lauriers».

L'agence Moody's a relégué mardi soir l'Irlande dans la catégorie des investissements «spéculatifs», en abaissant la note de sa dette souveraine d'un cran et en menaçant de la dégrader encore plus à l'avenir.

Elle a justifié sa décision par «la probabilité croissante» que le pays, comme la Grèce, aura besoin d'un nouveau programme d'aide international lorsque le premier, décidé fin 2010 à hauteur de 85 milliards d'euros, arrivera à son terme fin 2013.

C'est la deuxième fois en une semaine que Moody's relègue un pays de la zone euro dans la catégorie spéculative. Le 5 juillet cela avait été le cas du Portugal, spectaculairement rétrogradé de quatre crans, au motif qu'il aurait besoin lui aussi d'un second plan d'aide.

Les responsables européens étaient alors montés au créneau pour dénoncer les agences de notation et promettre de sévir contre elles en régulant leur activité sévèrement.

«Le gouvernement irlandais a fait preuve de détermination dans la mise en oeuvre du programme d'ajustement économique» décidé avec ses bailleurs de fonds, l'Union européenne et le Fonds monétaire international, a jugé mercredi la porte-parole de la Commission.

En outre, le secteur bancaire irlandais, par qui la crise était arrivée suite à l'éclatement d'une énorme bulle immobilière, «est en train d'être recapitalisé, tandis que le système financier tout entier est en passe d'être remis sur pied», a-t-elle ajouté.

«Les progrès du pays seront détaillés demain lors de l'examen mené par la Banque centrale européenne, le FMI et la Commission européenne», a précisé la porte-parole.

En Irlande, le gouvernement a également réagi à la sanction de Moody's, la qualifiant de «frustrante» et non conforme aux efforts de Dublin pour dénouer la crise.

Cette décision «rend notre travail plus difficile», a déclaré sur la radiotélévision nationale RTE le ministre des Entreprises, Richard Bruton.

«Il est important de souligner que cela ne reflète en aucune manière un échec du gouvernement de satisfaire ses obligations ni une rétrogradation quelconque de l'économie irlandaise», a-t-il ajouté.