Le ministre irlandais des Finances Michael Noonan a annoncé jeudi une «restructuration radicale du système bancaire» du pays et n'a pas exclu de mettre les investisseurs privés à contribution, après l'annonce que les banques avaient besoin d'une rallonge de 24 milliards d'euros (33,08 milliard de dollars).

Publié le 31 mars 2011
AGENCE FRANCE-PRESSE

«Le gouvernement annonce des décisions qui vont conduire à une restructuration radicale du secteur bancaire national, ramener à terme le secteur vers la viabilité et la rentabilité, et rompre enfin le cercle vicieux de la dépendance massive des banques à l'égard de l'Etat», a-t-il déclaré devant le Parlement.

Il a ajouté que le gouvernement allait agir «sans attendre» pour recapitaliser le secteur, alors que selon les résultats des tests divulgués jeudi par la Banque centrale d'Irlande, quatre établissements ont besoin de 24 milliards d'euros de fonds propres. Il s'agit d'Allied Irish Banks (AIB), Bank of Ireland (BoI), Irish Life & Permanent (IL&P) et EBS.

Les 24 milliards d'euros calculés par la Banque centrale sont «une somme énorme, mais qui reste dans l'enveloppe» consacrée au renflouement du secteur, comprise dans le plan d'aide à l'Irlande conclu l'an dernier avec l'Union européenne et le FMI, a-t-il souligné.

La restructuration radicale promise par M. Noonan va consister à réorganiser le secteur autour de deux «piliers», a-t-il expliqué: l'un sera constitué par BoI, qui va devoir procéder à une cure d'amaigrissement drastique et se séparer de 41,4 milliards de dollars d'actifs d'ici 2013, et l'autre sera formé par AIB et EBS, qui vont être fusionnées.

Par ailleurs, l'Etat va entrer au capital d'IL&P, qui était pour l'instant le dernier établissement bancaire irlandais encore 100% privé, et il devrait au passage en prendre le contrôle, ce qui parachèvera la nationalisation du secteur entamée en 2009. IL&P va également devoir se séparer de sa filiale d'assurance-vie, Irish Life Assurance.

Enfin, M. Noonan a laissé entendre que les investisseurs pourraient être mis à contribution pour régler la facture du renflouement des banques.

«Le fardeau ne doit pas reposer uniquement sur le contribuable», a-t-il affirmé, ajoutant que des mesures seraient prises pour réduire le coût revenant à l'État, évoquant «de nouvelles contributions importantes provenant d'autres sources, dont les porteurs de dette subordonnée» des banques.