Le commissaire européen à l'Économie et aux Affaires monétaires, Olli Rehn, affirme qu'il est «essentiel» pour l'Irlande d'adopter début décembre son budget pour 2011 en vue de pouvoir toucher l'aide internationale actuellement en discussion.

Marc Thibodeau LA PRESSE

La tâche s'annonce cependant très périlleuse pour le premier ministre Brian Cowen, qui fait face à une fronde politique tous azimut.

Les verts, avec qui le Fianna Fail de M.Cowen forme une coalition, ont exigé en échange de leur appui au budget que des élections anticipées se tiennent après son adoption. Ce que le politicien fragilisé a dû concéder en début de semaine.

Deux députés indépendants, qui jusque-là votaient avec la coalition, ont indiqué qu'ils ne soutiendraient probablement pas le budget, réduisant la majorité théorique du gouvernement à une voix.

Les principaux partis de l'opposition, qui demandaient en début de semaine la chute immédiate du gouvernement, se sont montrés critiques hier du plan d'austérité et laissent planer le doute sur la manière dont ils voteront.

Il n'est pas exclu non plus que des députés du parti de M.Cowen votent contre le budget, relève Kieran Allen, sociologue du Dublin University College.

«Certains députés risquent de ne pas vouloir le soutenir en sachant que les électeurs iront rapidement aux urnes ensuite, avec le budget bien en tête», dit-il.

Signe de la révolte qui gronde, plusieurs députés du Fianna Fail ont demandé hier le départ immédiat de leur chef, sans obtenir gain de cause. Encore hier, le premier ministre a dû démentir les propos d'un membre de sa formation qui disait aux médias avoir eu confirmation qu'il démissionnerait immédiatement après l'adoption du budget.