L'inflation est repartie à la hausse en juillet dans la zone euro, atteignant 1,7% sur un an, mais les économistes ne voient pas de réel risque inflationniste, d'autant que le chômage reste à un niveau record.

ASSOCIATED PRESS

L'inflation touche son niveau le plus élevé depuis novembre 2008, où les prix à la consommation avaient augmenté de 2,1%. En juin, l'inflation avait ralenti pour la première fois depuis quatre mois, à 1,4% après 1,6% en mai.

Les prix à la consommation dans la zone euro avaient recommencé à augmenter en novembre 2009, après cinq mois d'affilée de taux d'inflation négatifs, un signe de la reprise économique, mais surtout de l'évolution des prix du pétrole.

Depuis, l'inflation accélère dans les seize pays partageant la monnaie unique.

Mais elle reste jusqu'ici au-dessous de l'objectif fixé par la Banque centrale européenne (BCE), gardienne de la stabilité des prix, qui vise sur le moyen terme une inflation légèrement inférieure à 2%.

Et cela devrait rester le cas probablement jusque courant 2011, d'après les économistes qui ne tablent pas sur un resserrement monétaire avant l'an prochain.

L'accélération du mois de juillet s'explique par «un pic temporaire des prix de l'énergie et de l'alimentation» et «ne signale probablement pas une montée significative des pressions inflationnistes fondamentales», juge ainsi Howard Archer d'IHS Global Insight.

Au contraire, l'inflation devrait même avoir «une tendance baissière dans les prochains mois», estime Clemente De Lucia chez BNP Paribas.

Les économistes rappellent en effet que la faiblesse de la demande intérieure a un effet atténuateur sur l'inflation, tout comme le niveau toujours élevé du chômage, qui n'encourage pas les hausses de salaires.

Ce dernier est resté stable en juin, à 10% de la population active, selon d'autres données publiées également vendredi par Eurostat.

Cela fait maintenant quatre mois consécutif qu'il reste à ce niveau, qui n'en constitue pas moins son plus haut historique depuis la création de la zone euro en 1999.

Au total 15,771 millions de personnes étaient sans emploi en juin dans la zone euro.

Pour l'ensemble des 27 pays de l'Union européenne, leur nombre atteignait 23,062 millions, soit un taux de chômage de 9,6%, inchangé comparé à mai.

Il y a toujours «un risque substantiel que le chômage dans la zone euro remonte dans les prochains mois», avec un ralentissement attendu de la croissance au deuxième semestre et des coupes dans le secteur public liées aux programmes d'austérité mis en oeuvre dans plusieurs pays, selon Howard Archer.

Parmi les États membres, les taux de chômage les plus élevés en juin ont été enregistrés en Espagne (20%) et en Lettonie (20% également, mais au premier trimestre, Eurostat ne disposant pas de chiffre plus récent).

Les plus bas se retrouvent en Autriche (3,9%) et aux Pays-Bas (4,4%).

L'Allemagne, première économie de la zone euro, affiche un taux de 7% et la France un taux de 10%.