Le rebond du marché de l'habitation au Canada semble connaître un ralentissement, les augmentations des ventes sur le marché national se faisant de moins en moins importantes, a indiqué lundi l'Association canadienne de l'immeuble (ACI).

Publié le 17 sept. 2018
Tara Deschamps LA PRESSE CANADIENNE

Les ventes d'habitations ont connu une quatrième hausse mensuelle consécutive en août, progressant de 0,9 % pour se chiffrer à 39 366, comparativement à 39 028 le mois précédent. Près de la moitié des marchés locaux ont enregistré une hausse mensuelle.

Toutefois, les ventes de logements en août ont enregistré une baisse de 3,8 % sur une base annuelle non désaisonnalisée.

L'ACI a attribué ce recul aux baisses observées sur le marché immobilier en Colombie-Britannique et à l'adoption de réglements plus stricts sur les prêts hypothécaires au début de l'année.

« La progression des ventes résidentielles au pays ces derniers mois continue d'occulter les différences significatives dans les tendances régionales quant aux ventes et aux prix des maisons », a affirmé dans un communiqué l'économiste en chef de l'ACI, Gregory Klump. « De plus, les dernières hausses des ventes mensuelles sont en recul, ce qui dénote un début d'essoufflement de la récente reprise. »

Des économistes ont estimé que le ralentissement témoignait d'un éloignement par rapport aux « fluctuations sauvages » connues par le marché immobilier ces dernières années. Les prix et la demande de logements ont monté en flèche, alimentant souvent la cadence effrénée des ventes.

Rishi Sondhi, économiste du service économique de la Banque TD, a rappelé qu'un simple mois de données ne traduisait pas vraiment les tendances plus larges d'un secteur, mais a noté que « la performance d'août pourrait indiquer que le pire est passé pour la [Colombie-Britannique] ».

Entre-temps, l'économiste en chef de BMO Marchés des capitaux, Douglas Porter, a qualifié le marché du logement d'« assez ennuyeux ; pas trop chaud, ni trop froid » dans une note destinée aux investisseurs.

« Le calme extérieur masque des changements régionaux encore sérieux sous la surface », a-t-il dit, notant que les mesures visant à refroidir la Colombie-Britannique avaient entraîné certains des déclins de ventes les plus prononcés au pays.

La région du Grand Vancouver a enregistré une baisse de 36,7 % de ses ventes en données non désaisonnalisées par rapport à l'année dernière, tandis que celles de la vallée du Fraser et de Victoria ont respectivement enregistré des baisses de 39,5 % et de 17,6 %, selon l'ACI.

La région du Grand Toronto se porte mieux et continue de se stabiliser, a observé M. Porter.

Les ventes de maisons de cette région métropolitaine ont augmenté de 7,6 % d'une année à l'autre pour atteindre 6839 en août, contre 6357 l'année précédente. Le Grand Toronto a également connu une augmentation de 2,2 % du nombre de maisons vendues d'un mois à l'autre.

« Toronto est très proche d'avoir un marché » normal « en ce moment », a estimé M. Porter. « Les décideurs politiques n'auraient pas pu demander un meilleur résultat, réalisant un atterrissage en douceur - du moins jusqu'à présent. »

L'ACI s'attend à ce que 462 900 maisons soient vendues dans le pays cette année, soit une baisse de 9,8 % par rapport à sa prévision de l'année dernière, qui visait 513 280 ventes. L'organisme calcule en outre que 472 700 foyers devraient changer de mains en 2019.

Les nouvelles inscriptions à la vente sont restées inchangées aux environs de 69 000 entre juillet et août, a précisé l'ACI.

La légère hausse des ventes et l'absence de nouvelles inscriptions ont fait grimper de 2,5 l'indice des prix des propriétés du Service interagences (MLS), sur une base annuelle.

La disparité entre les deux données a également fait passer le ratio des ventes aux nouvelles inscriptions à 56,6 % en août, contre 56,2 % le mois précédent.